Courrier des lecteurs

Le médecin traitant sera toujours plus fort que la télémédecine

Publié le 18/10/2019

Ce matin, une femme de 35 ans qui consulte régulièrement pour ses deux enfants de 5 et 7 ans n’a pas son air enjoué et son dynamisme habituels. Elle a demandé à être vue car elle a vomi toute la nuit. La secrétaire qui la connaît bien lui a donné rendez-vous en surnombre.

Elle a 37.8, un ventre souple, une petite sensibilité de l’hypocondre droit mais une douleur très vive de la FID. Sans aucune défense.

Le labo est en face et le radiologue à 200 mètres. Je l’envoie faire sa NFS CRP, le radiologue l’attend pour son écho et j'adresse un SMS à un chirurgien correspondant. Il me rappelle pendant que la patiente est au labo et me fait confirmer qu’elle est bien à jeun. Il est au bloc et la verra lui aussi entre deux patients. Trente minutes après, la radiologue m’appelle pour me dire que l’écho est en faveur d’une appendicite. Je réponds que le chirurgien est prévenu et qu’il attend la patiente ! 16 h, je reçois un SMS du chirurgien qui m’annonce une péritonite appendiculaire !!

Morale de l’histoire : le médecin traitant qui connaît la patiente a vu le changement d’attitude et de teint de sa patiente. C’est ce qui lui a permis d’être alerté malgré un ventre souple ; de prudemment demander les examens complémentaires et d’alerter le chirurgien.

Que serait devenue cette patiente dans une télécabine ? Ou si elle avait eu une téléconsultation par un médecin qui ne la connaissait pas ? La question mérite d’être posée.

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Dr Jean-Paul Hamon, généraliste à Clamart (Hauts-de-Seine)

Source : Le Généraliste: 2885