Courrier des lecteurs

Et si pour changer, on parlait masques ?

Publié le 04/09/2020

Je suis de plus en plus horrifié par tout ce que je lis ! Prenez grand nombre d’articles qui se veulent scientifiques, et lisez avec attention : vous découvrirez une foule « d’outils » de communication. Sans être exhaustif, vous trouverez très souvent dans un même texte, dans un même paragraphe — voire pire dans une même phrase — un même mot avec des significations différentes est utilisé ! Je lisais l’autre jour un article où, dans la même phrase, étaient utilisés trois mots différents pour dire la même chose, ce qui rendait le texte totalement incompréhensible en première lecture !

Je lisais aussi un livre, fort intéressant du reste, où étaient évoqués au chapitre Ier trois concepts, avec pour chacun un renvoi pour signaler qu’ils seraient expliqués respectivement aux chapitres 3, 5 et 6 ! Bref, tant qu’on n’est pas arrivé à la fin du livre, on ne comprend rien à ce qu’on lit ! On a l’impression que celui qui écrit ne parle qu’à lui-même… pour vérifier s’il a compris sa propre pensée.

Qu’en est-il de l’efficacité des masques dans la population ? À ce qu’on lit, la seule certitude scientifique que l’on peut avoir, c’est qu’on ne sait rien. Tout ce qui est affirmé repose surtout sur le principe de précaution — d’une haute valeur scientifique —, autrement dit, une précaution juridique. La divulgation du fait que les trous des masques, trous obligatoires pour respirer, étaient dix fois plus gros qu’un virus a obligé par principe de précaution à parler d’aérosolisation des postillons, terme incompréhensible pour le commun des mortels, et qui veut dire que l’on émet des postillons pas uniquement gros (quand on parle fort), mais aussi très petits (quand on ne parle pas fort ?)… Ces petits derniers pouvant donc « potentiellement » passer à travers les masques, ce qui entraîne, ipso facto, la compréhension erronée que les masques ne servent à rien ; surtout donc quand on ne parle pas fort. Mais essayez d’arroser le jardin de votre voisin à travers une haie de thuyas, sauf à posséder une lance de pompier, pas une goutte ne passera, mais alors tant pis pour la haie.

J’ai lu comment il est démont(r)é dans la presse grand public un discours dit à haute valeur scientifique : « La transmission par aérosol est biologiquement plausible lorsque (1) des aérosols infectieux sont générés par ou à partir d’une personne infectieuse, (2) l’agent pathogène reste viable dans l’environnement pendant un certain temps et (3) les tissus cibles dans lesquels l’agent pathogène déclenche l’infection sont accessibles à l’aérosol. […] Pour le Sars-CoV, le niveau de preuve pour la transmission d’aérosols indique que les preuves pour les conditions 1 et 3 sont modérées et fortes pour la condition 2. » (sic en totalité)

La preuve du « certain temps » me fait penser à un sketch de Fernand Raynaud… Ça fait rigoler jaune toute personne sensée (à ne pas confondre avec toute personne responsable), personne ne comprend où l’auteur veut en venir, et plus personne ne croit à la parole dite officielle. Au pire, il y a ceux qui deviennent anti-masques via les fake news dont les promoteurs se nourrissent de ce charabia qui est le vrai responsable de ces dérives. Au mieux, il y a ceux qui utilisent les masques n’importe comment, ce que l’on voit de plus en plus souvent. Mais cela suffit pour ne pas avoir de PV, ce qui semble devenu l’essentiel. Constat effroyable qui prouve aussi qu’en haut lieu, on n’a pas encore abandonné l’idée farfelue transmise par le porte-parole, à savoir que les masques ne servaient à rien.

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Dr Yves Adenis-Lamarre, Angoulême (Charente)

Source : Le Généraliste