Examens complémentaires - Pour ou contre les « Doctor tests » ?

Examens complémentairesPour ou contre les « Doctor tests » ?

03.04.2014

Si, dans certains pays, le recours aux « Doctor tests » est la règle, faute d’un accès facile aux laboratoires d’analyses, leur usage se justifie moins en France. Pour autant, certains dosages au lit du malade pourraient avoir leur place en médecine générale comme le test de la procalcitonine ou l’INR capillaire.

Bandelette urinaire, streptotest, mais aussi D-Dimères ou encore troponine… Grâce aux progrès des technosciences, de nombreux examens biologiques sont désormais réalisables et interprétables en temps réel au chevet du patient. Baptisés « Doctor tests » ou « Point Of Care Tests » (POCT), ces examens n’imposent pas de déplacement au patient, sont généralement simples et rapides à exécuter, donnent un résultat quasi immédiat et sont, pour certains, moins traumatisants que l’examen de laboratoire « de référence ».

Des situations contrastées en Europe

Pour autant ont-ils tous leur place dans le cabinet du généraliste ? Pas forcément répond le Dr Anne Cibois-Honnorat (médecin généraliste à Mirabeau) pour qui il faut clairement « séparer le bon grain de l’ivraie ». Notamment en France, où avec près de 4 000 laboratoires d’analyse, l’accès aux examens biologiques « classiques » est relativement facile. à la différence d’autres pays comme l’Allemagne, par exemple, qui compte à peine 500 laboratoires et où un tiers des tests prescrits en dehors des hôpitaux sont réalisés directement par le médecin prescripteur.

Par ailleurs, même si la majorité de ces tests sont de très bonne qualité avec des sensibilité et spécificité élevées, certains « ne sont pas encore complètement au point ». Comme, par exemple, le test de la grippe

« qui pourrait être très utile en médecine générale mais dont la sensibilité insuffisante réserve leur utilisation aux moments d’épidémie ».

D’autres, au contraire, « sont d’excellente qualité mais n’ont pas d’intérêt en médecine générale comme la recherche de la dengue ou de la légionellose ». Enfin, dans certains cas, ces tests apportent finalement peu de bénéfices au patient. Des études réalisées avec la troponine montrent, par exemple, que son dosage « au lit du patient » n’accélère pas de façon majeure le reste de la prise en charge et n’améliore pas le pronostic du patient.

Exercice illégal de la biologie médicale

Malgré tous ces bémols, « cela pourrait être utile d’avoir dans nos cabinets, en plus de la BU et du streptotest, deux ou trois autres tests comme le dosage de la procalcitonine (qui permet de différencier infections virales et bactériennes) ou l’INR au doigt du malade », estime le Dr Cibois-Honnorat. À ce titre, une étude réalisée en Ehpad par cette généraliste montre que l’INR capillaire permet de préserver les veines des patients tout en amélioration l’équilibre du traitement. Mais pour le moment, « ce type de pratique relève encore en France de l’exercice illégal de la biologie médicale ».

Elever le niveau diagnostique du généraliste

À côté des test biologiques, de nombreux tests fonctionnels peuvent également être réalisés en cabinet de médecine générale indique le Pr Jacques Aubert (Le Landeron, Suisse) avec un réel intérêt diagnostique. Comme le calcul de l’IPS à la recherche d’une AOMI ou la réalisation d’EFR pour le diagnostic de BPCO. « Il existe maintenant des appareils d’EFR miniaturisés qui, pour un coût relativement abordable (600 euros environ) permettent des explorations avec d’excellent résultats et évitent d’adresser systématiquement les patients au pneumologues pour un diagnostic de BPCO », précise le Dr Cibois-Honnorat. Or « si on élève le niveau diagnostique du généraliste on élève le niveau des spécialistes qui pourront se consacrer davantage à des pathologie plus lourdes et plus complexes », conclut la généraliste de Mirabeau.

Bénédicte Gatin
Source : Legeneraliste.fr

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