Le clin d'œil d'Aviscène - Pourquoi la médecine générale n'a pas la cote

Le clin d'œil d'AviscènePourquoi la médecine générale n'a pas la cote

14.06.2019
  • Le clin d'oeil d'Aviscène

    Pourquoi la médecine générale n'a pas la cote

Les internes ne choisissent pas tous spontanément la médecine générale. Le manque d’entrain des futurs médecins pour notre spécialité peut facilement s’expliquer. Ces derniers temps, plusieurs évolutions ou pistes de réforme n’ont pas rendu notre DES très attractif. Tout d’abord, la réforme du 3e cycle a supprimé les anciens DESC et compliqué l’accès a énormément de diplômes universitaires (DU) pour les internes de médecine générale. Terminé, l’accès aux métiers d’urgentiste ou de gériatre en passant par la médecine générale, finis les DU d’angiologie, d’esthétique et j’en passe. La suppression de ces possibilités de diversification de l’exercice a coupé les ailes à certains. Dans la nouvelle maquette du DES, l’obligation de faire le stage SASPAS, un deuxième stage chez le praticien mais en autonomie quasi complète, a aussi perturbé certains internes qui se voyaient faire un stage libre. Au-delà de ceux obligatoires (urgences, pédiatrie, gynéco, ambulatoire, médecine adulte), ce stage libre leur permettait justement d’aller sur un terrain dans lequel ils se projetaient et où la médecine générale leur permettait d’obtenir des postes. Par exemple en soins palliatifs, en psychiatrie, hospitalisation à domicile, dans le milieu carcéral, etc.

Attaques sur le remplacement

Parmi les mesures discutées en ce moment, l’allongement de l’internat à quatre ans semble privilégié. à un stade où justement, l’un des avantages clés de ce DES est sa durée, les enseignants voudraient le prolonger d’un an. L’idée avancée est que cette quatrième année se déroule uniquement en ambulatoire. Les internes y voient pour la plupart une année de plus de remplacements déguisés. Et encore devront-ils avoir un terrain de stage accessible ! Car si on ajoute un troisième stage en ambulatoire aux deux premiers obligatoires, tout le monde ne trouvera pas de place. Le risque est donc grand que certains, pendant cette année supplémentaire, remédient au manque d’effectifs de l’hôpital public.

Comme un malheur ne vient jamais seul, les règles du remplacement se durcissent. Certains ne voudraient plus autoriser le remplacement des internes avant qu’ils aient validé leur SASPAS, organisé en dernière année de DES. Bref, pour résumer, le remplacement ne serait plus possible pendant l’internat. À vrai dire, cette évolution n’enchante pas grand monde.

Même les sénateurs ont mis leur grain de sel, d’une part en imposant que la dernière année d’internat se déroule dans un désert, d’autre part  en proposant de limiter à trois ans la durée totale du remplacement. Heureusement, cette dernière mesure n’est pas passée. La loi de santé a été l’occasion de nouvelles propositions parlementaires pour réclamer la fin de la liberté d’installation. Toutes ces évolutions et ces attaques font qu’aujourd’hui, la médecine générale n’est pas la reine du bal de fin d’année.

Aviscène, en 2e année de DES à Lille, s’est fait connaître sur la Toile grâce à ses vidéos sur Youtube où il dépeint avec humour son quotidien d’étudiant.

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