Édito - Alcoololaxisme

ÉditoAlcoololaxisme

25.01.2019
  • Édito

    Alcoololaxisme

Annoncé pour le printemps dernier, reporté à plusieurs reprises, le plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022, très attendu par les associations et experts en addictologie, aura finalement été dévoilé par un simple tweet alors que le premier ministre était pressenti pour sa présentation. Crise des gilets jaunes oblige ? Toujours est-il que cette discrétion en dit long sur les ambitions de ce rapport.

Le plan affiche 19 priorités et se présente comme un catalogue de plus de deux cents mesures, assez techniques, appelant à « consolider », « renforcer », « soutenir » des actions déjà existantes, mal appliquées et souvent non évaluées. Les enfants et adolescents sont les cibles prioritaires et le rôle des parents et des adultes est considéré comme essentiel. Pourtant, aucune taxe en vue sur les boissons “prémix”, très consommées par les plus jeunes. Et de manière générale, aucune mesure forte sur l’alcool n’est au programme. Aucun prix minimum par unité, mesure appliquée dans beaucoup de pays européens, n’est envisagé.

Un des derniers éditos du BMJ notait que la prévention primaire relève des gouvernements, pas des systèmes de soins. De fait, en France la politique active de lutte contre le tabac menée ces dernières années a permis une baisse historique des ventes de cigarettes en 2018 (– 10 %). Là où des années durant, les médecins se sont échinés en vain à évaluer l’intoxication tabagique et à instruire les patients sur les risques encourus, c’est la hausse du prix du paquet de cigarettes qui a marqué le tournant décisif.

Cette victoire du gouvernement sur le tabagisme rend sa surdité sur la prévention contre l’alcool d’autant plus coupable. N’en déplaise aux lobbys alcooliers, tant qu’aucune politique volontariste et cohérente ne sera mise en place, l’alcoolisme restera un fléau dont les générations futures hériteront. Avec ses 49 000 morts annuels, son coût social de 120 milliards et ses 5 millions de consommateurs quotidiens. La France, célébrée pour sa tradition vinicole, devrait profiter de cette aura pour montrer l’exemple.

Dr Linda Sitruk, rédactrice en chef
Source : Le Généraliste n°2858

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