Édito - Payer la fracture

ÉditoPayer la fracture

07.12.2018
  • Edito

Le renouvellement, ce n’est pas pour maintenant ! Les prévisions de l’Ordre sont formelles. En baisse depuis 2010, le nombre de généralistes en activité régulière va continuer de décroître. C’est ce que révèle l’Atlas de la démographie médicale présentée mardi, véritable photo de famille de la profession. Sur les 88 000 omnipraticiens en exercice, 7 % devraient ranger leur stéthoscope d’ici à 2025. Or, tous ne seront pas remplacés, prédit l’Ordre. Le paysage médical va subir un sérieux lifting. Une génération va laisser place à une autre. Majoritairement salariés, les nouveaux venus exerceront différemment de leurs prédécesseurs, dans cette profession qui s’écrira au féminin (deux généralistes diplômés sur trois sont des femmes).

Cette reconfiguration ne sera pas sans heurt, à en croire ces statistiques. Avec la baisse des effectifs, les inégalités d’accès aux soins devraient s’accroître, prédit l’Ordre. L’écart se creuse un peu plus entre les départements désertifiés et les villes de faculté, autour desquelles s’agglomèrent les médecins. Le président de l’Ordre, le Dr Patrick Bouet, n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme, considérant insuffisante l’action gouvernementale (assistants, IPA, télémédecine...). À l’heure où la France va cruellement manquer de médecins, il importe coûte que coûte, selon lui, de ramener dans les territoires abandonnés les internes en médecine aujourd’hui concentrés dans les CHU.

Des solutions existent pourtant. Une nouvelle loi de santé est attendue début 2019. Elle doit permettre aux 30 000 à 35 000 internes de sortir de l’hôpital, avance le président de l’Ordre. De son côté, l’ISNAR-IMG se dit prête à jouer le jeu. L’intersyndicale réclame plus de stages en ambulatoire et la création d’internats ruraux. Elle se déclare favorable, si les conditions d’un internat professionnalisant sont réunies, à allonger le DES des internes pour le porter à quatre ans. Si la refonte des cursus présente un enjeu pédagogique, elle constitue aussi pour certains une priorité pour lutter contre la fracture d’accès aux soins sur notre territoire.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction
Source : Le Généraliste n°2854

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Exercice mixte

400 généralistes tentés par l'exercice mixte pourraient rejoindre les hôpitaux de proximité dès 2019

Pour retrouver une offre de médecine générale dans les territoires qui en sont dépourvus, le gouvernement mise sur le recrutement de 400 omnipraticiens dans les hôpitaux de proximité. Les premiers...Commenter

[VIDEO] Un maire généraliste veut forcer les remplaçants à s'installer, ils lui répondent

 - [VIDEO] Un maire généraliste veut forcer les remplaçants à s'installer, ils lui répondent-0

La santé n’est pas le sujet numéro 1 du Grand débat national, il est même absent des thèmes prioritaires pointés par Emmanuel Macron. Mais... 12

L'Autorité de la concurrence veut revenir sur l'interdiction de publicité pour les médecins

Publicité

Les médecins seront-ils un jour autorisés à faire de la pub ? Après le conseil d’État, l’Autorité de la concurrence ouvre, à son tour, la... 6

ORL DYSFONCTIONNEMENT RHINO-SINUSIEN CHRONIQUE, ÉTAPE DIAGNOSTIQUE Abonné

Dysfonctionnement rhino-sinusien chronique

Devant un dysfonctionnement rhino-sinusien chronique, il importe de ne jamais se lancer dans un traitement, notamment antibiotique et/ou... Commenter

Maladies chroniques GOUTTE : LES INFIRMIÈRES FONT MIEUX QUE LES MÉDECINS Abonné

Goutte

Cette étude anglaise du Lancet montre que la probabilité de contrôler l’uricémie et les crises chez les patients goutteux est trois fois... 2

A découvrir