Édito - DMP, êtes-vous prêts à jouer ?

ÉditoDMP, êtes-vous prêts à jouer ?

09.11.2018
  • Edito

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Promis, juré, cette fois, c’est la bonne. Du passé, faisons table rase. On l’appelait dossier mal parti... mais ça, c’était avant. Lancé en fanfare en 2004 par Philippe Douste-Blazy qui promettait 3,5 à 7 milliards d’euros d’économies par an, le DMP a finalement laissé une impressionnante ardoise de 500 millions d’euros, selon la Cour des Comptes. Il s’agit sans aucun doute de l’un des plus grands fiascos industriels du secteur de la santé des dernières années. Philippe Douste-Blazy mais aussi Xavier Bertrand, Roselyne Bachelot ou encore Marisol Touraine s’y sont cassé les dents. L’énième relance du DMP par Agnès Buzyn, avec le déploiement annoncé de 40 millions de dossiers à l’horizon 2022, doit donc être accueillie avec la plus élémentaire prudence.

La reprise en main du bébé par l’Assurance maladie, il y a deux ans, s’est traduite par une gestion plus pragmatique. Après n’avoir autorisé l’ouverture des DMP que par les seuls médecins, les pouvoirs publics misent dorénavant sur l’initiative des patients, mais aussi des pharmaciens, et bientôt peut-être des infirmières. Les expérimentations dans neuf départements ont montré que l’implication des médecins, échaudés, reste modeste. Pourtant, comme le souligne Nicolas Revel, le patron de la Cnam, dans nos colonnes, « le dispositif ne fonctionnera vraiment bien que si professionnels et patients jouent le jeu ».

Pour décoller, le DMP devra aussi être réellement ergonomique, compatible avec les logiciels métiers existants et être utile aux médecins dans leur exercice de tous les jours. Un simple empilement de données de santé le rendrait difficilement exploitable. D’autant que les médecins ne l’ont pas attendu pour échanger des informations par messagerie sécurisée.

Enfin, alimenter le DMP sera chronophage et cette tâche est pour l’instant peu valorisée. Or, la profession ne semble pas prête à l’assumer gratuitement, comme elle le fait pour la télétransmission.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction
Source : Le Généraliste n°2850

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