Les portraits de l'été

À Nice, le Dr Adriaan Barbaroux veut aiguiser l’esprit critique des internes

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Publié le 20/08/2019
Barbaroux

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Le Dr Adriaan Barbaroux a été récompensé du prix Formation-Recherche, jeudi 20 juin dernier, lors de la cérémonie des Grands Prix du Généraliste. À 30 ans, le généraliste niçois a contribué dans sa faculté d’origine à mettre en place les Journées de l’esprit critique, qui visent à sensibiliser les étudiants dès la formation initiale à la prévention des conflits d'intérêts vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique.

Pendant ses études, Adriaan Barbaroux a eu parfois bien du mal à comprendre les paradoxes de la profession. « En stage, j’ai eu des soucis à l’hôpital car j’étais réticent à la réception des visiteurs médicaux, comme beaucoup. Mais je ne comprenais pas pourquoi mes collègues qui les critiquaient les recevaient malgré tout. »

La prévention par les pairs

Conseillé par l’une de ses maîtres de stage, l’interne décide de consacrer sa thèse à l’étude de cette ambivalence en mobilisant des concepts sociologiques. Ce sujet attire l’attention de deux étudiants de 5e année, Gabriel Perraud et Robin Jouan, qui assistent à sa soutenance. Ils proposent au futur généraliste de travailler à la formation des étudiants en santé à l’esprit critique. Ils se renseignent sur les modèles existants, organisent plusieurs réunions. Un an plus tard, en 2016, les 1res Journées de l’esprit critique étaient organisées à la faculté de Nice. « Nous avons fait le choix de promouvoir l’esprit critique au sens large : vis-à-vis de la promotion, de la presse médicale et le grand public, des études scientifiques, etc. », souligne le souriant trentenaire, désormais installé en centre-ville de Nice et enseignant-chercheur à la faculté. Ouvertes à tous, les Journées réunissent surtout des étudiants en médecine. Conçues comme un outil de formation par les pairs, elles sont organisées par les étudiants pour les étudiants. « Le but est que ce soit le plus participatif possible. Nous faisons appel à des outils d’éducation populaire, comme les débats mouvants, la vidéo, des jeux de rôle, le théâtre. »

 


Source : legeneraliste.fr