Si « Le Généraliste » était paru en 1922

Les singuliers usages de la Faculté de médecine de Montpellier

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Publié le 13/05/2017
Histoire

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Nous ne savons si, à propos des fêtes universitaires récemment célébrées à Montpellier quelque orateur a rappelé certains des usages qui existaient autrefois à cette Faculté et qui, vraisemblablement, sont abolis aujourd'hui. Voici en quels termes les rapporte l'auteur de Recherches sur l'histoire de la médecine que la génération actuelle ignore trop et qui fut pourtant un aussi grand philosophe qu'il fut notoire médecin : nous voulons parler de Théophile de Bordeu.

L'usage, écrit notre historiographe, avait aussi établi des musiciens pour célébrer par leurs concerts la gloire du docteur qui se vouait à la médecine. Cet usage avait même une origine bien respectable. Un des articles de la réformation de l'Université de Toulouse, en 1390, par un cardinal commissaire du pape Clément VII, porte expressément « que le licencié pourrait avoir, le jour de sa licence, deux paires de bateleurs, tels qu'on les trouverait dans la ville, et que les compagnons de licence pourraient folâtrer et danser honnêtement dans sa maison, le jour de cette fête, sans encourir aucune peine, laquelle subsistait dans son entier seulement entre ceux qui dansaient publiquement. » Il y a toute apparence que la Faculté de Montpellier jouissait de la même grâce que celle de Toulouse. On vient d'exclure cette musique qui n'allait pas mal chez un peuple gai et grand amateur de l'harmonie…

J'ai vu à Montpellier, relate le même Bordeu, lorsqu'on y portait en terre un des Chicoineau, mort chancelier de cette faculté, porter aussi auprès du corps, et par un docteur en grand deuil, les œuvres d'Hippocrate couvertes d'un crêpe.
Ne raillons pas trop ; ces manifestations avaient leur grandeur symbolique, et il n'est pas sûr que leur disparition ne soit pas à regretter.

(La Chronique médicale, 1922)


Source : legeneraliste.fr