Violence : Les Mureaux en grève, Touraine propose le tiers payant

Publié le 01/02/2013

«Nous voulons dire aux habitants que la violence, les agressions, ça suffit, il faut briser la loi du silence. Si vous ne vous réveillez pas, vous ne trouverez bientôt plus de professionnels de santé pour vous soigner dans votre ville». Comme Nadine Aymé, de nombreux professionnels de santé des Mureaux (Yvelines) observaient une grève vendredi en soutien à une femme médecin braquée dans son cabinet le 17 janvier. «La quasi-totalité des 45 professionnels de la santé font grève aujourd'hui, c'est unique», expliquait le Dr Aymé, généraliste, qui exerce dans le cabinet de la jeune médecin agressée la semaine dernière, sa collaboratirce libérale. Des médecins généralistes, dentistes et kinésithérapeutes ont initié cette mobilisation, soutenue notamment par l’URPS, d'Ile-de-France, dans cette commune qui compte plusieurs quartiers sensibles. De 10H00 à 12H00 dans une salle communale leur «action citoyenne» a réuni environ 80 patients, médecins, élus et représentants religieux, selon le Dr Aymé, cheville ouvrière de l’opération. a-t-elle insisté. En raison de la fermeture des cabinets, le service des urgences de l'hôpital proche a enregistré une hausse d'environ 20 % de la fréquentation à la mi-journée.

Invitée vendredi matin sur RMC, la ministre de la Santé, Marisol Touraine est revenu sur cette affaire : «J'ai été en contact avec cette jeune femme qui me disait son désarroi», car elle avait choisi volontairement de s'impliquer dans un quartier difficile, a indiqué la ministre. Constat confirmé par le dr Aymé : «Ma collègue se sent très mal. Elle avait choisi d'être là et maintenant tout s'effondre. Nous envisageons de déménager notre activité». Sur RMC, Marisol touraine a évoqué une piste pour parer aux agressions : la généralisation du tiers payant pour éviter la circulation d'argent dans les cabinets et ainsi dissuader les agresseurs potentiels. «Je suis sensible à la demande qui est faite qu'on puisse généraliser le tiers payant. C'est techniquement assez compliqué mais il faut avancer dans cette direction là. S'il n'y a plus d'argent dans les cabinets, c'est clair qu'il y aura moins d'incitation de la part des agresseurs à s'y rendre», a indiqué Marisol Touraine.


Source : legeneraliste.fr