Si « Le Généraliste » était paru en 1900

Une canicule insupportable et de nombreux morts

Par
Publié le 03/07/2017
histoire

histoire

À Paris. Nous subissons depuis le début de l’été une canicule insupportable et la journée du 26 juillet a été la plus chaude du siècle. Le thermomètre s’est élevé jusqu’à 38°6 à l’ombre. À l’observatoire de la tour Saint-Jacques, on a constaté 35°6, à celui de Montsouris 36°6 et, en général, 35 à 37° degrés dans la région de Paris les jours précédents. L’observatoire de la tour Saint-Jacques donne ce détail intéressant : le chiffre 36° n’a été dépassé que quatre fois depuis cent ans : en 1803 (36°8), en 1842 (36°6), en 1874 (38°4) et en 1881 (38°4).

Par suite de cette température excessive, de nombreux cas d’insolation se sont produits. Le 14 juillet, 9 clairons du régiment des sapeurs-pompiers de Paris, qui se rendaient, précédant les compagnies, à la revue de Longchamp, sont tombés frappés d’insolation rue Leconte-de-Lisle. Après avoir reçu des soins du médecin-major des pompiers, dans la cour du numéro 14, ils ont été placés dans des voitures réglementaires et transportés à l’infirmerie de leurs casernes respectives. Le même jour, une vingtaine de personnes frappées d’insolation ont été soignées dans les Ambulances établies au Bois de Boulogne.

Les jours suivants, plusieurs cas mortels ont été enregistrés. Ajoutons qu’un certain nombre de personnes ont reçu, dans les postes de police, et grâce aux boîtes de secours, des soins efficaces qui leur ont permis de pouvoir regagner leurs domiciles.

À Londres. La chaleur est intense. Plus de cent personnes frappées d’insolation ont été traitées dans les hôpitaux de la métropole. Sept de ces cas d’insolation ont été suivis de mort.

Sud oranais. La chaleur est atroce, nous écrit-on ; ainsi, il est noté le 1er juillet : « Un thermomètre, placé dans une tente en plein courant d’air et, par conséquent, à l’ombre, marque 51° et je dois ajouter que, d’après les légionnaires, il faisait un petit air frais agréable » ; quelques instants après, dans une autre tente, ce même thermomètre placé à l’ombre, mais sans être dans un courant d’air, indiquait 57°2 ; cela doit donner une idée de la température en plein soleil. Il en résulte forcément que l’état sanitaire est loin d’être brillant : les embarras gastriques tournent complètement en fièvres typhoïdes bien caractérisées qui donnent lieu à des arrivages fréquents sur Aïn-Sefra et Saïda. Les médecins avouent que « leurs cantines médicales étaient faites pour la France, ne comportant aucun médicament spécial aux différentes affections coloniales » ; depuis le commencement de cette campagne, nous entendons prononcer cette phrase par tous les malades qui viennent du Sud.

(La Gazette médicale de Paris, 1900)


Source : legeneraliste.fr