Dépression

Un plan pour prévenir les suicides des âgés

Publié le 18/07/2013
Près d’un tiers des suicides enregistrés en France concernent les personnes de plus de 65 ans. La ministre des Personnes âgées Michèle Delaunay, épaulée par la société Française de Gériatrie et Gérontologie, a lancé, ce jeudi, un nouvel outil de repérage de la dépression destiné, en premier lieu, aux aidants à domicile. Cette action s’inscrit dans une démarche globale destinée à lutter contre l’isolement des seniors.

La dépression chez les personnes âgées n’est pas une fatalité mais un problème de santé publique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En France, en 2010, 3 000 personnes de plus de 65 ans se sont données la mort, ce qui représente un suicide sur trois. Et la fréquence augmente avec l’âge. Au-delà de 85 ans, on se suicide quatre fois plus que la moyenne. « C’est un problème très grave mais aussi un tabou», affirme Michèle Delaunay, qui a fait de ce dossier une priorité dès sa nomination. «Les médecins eux-mêmes ont mis du temps à percevoir qu’on peut être âgé et en état dépressif » déplore la ministre des Personnes âgées qui souligne que chez les seniors, ces gestes desespérés ne sont presque jamais des appels au secours mais « une volonté ferme et raisonnée d’en finir».

15 à 30% de personnes âgées dépressives

Défenestration, arme à feu, pendaison, les moyens utilisés sont radicaux. En médecine générale, on estime à 15-30 % la proportion de personnes âgées atteintes de troubles dépressifs mais ce pourcentage pourrait être sous-estimé. En tout cas, le suicide fait partie - avec le cancer et les maladies cardiovasculaires - des principales causes de décès des personnes âgées. Alors que sept suicides sur dix ont lieu chez soi, la ministre a décidé de sensibiliser en premier lieu les aides à domicile par un nouvel outil, composé de fiches pratiques et de DVD, mis au point par la Société Française de Gériatrie et qu’elle avait évoqué dès le mois d’octobre dernier dans une interview au Généraliste. Baptisé MOBIQUAL (Mobilisation pour la qualité des soins et du prendre en soins), il devrait aider les aidants à repérer les premiers signes d’une dépression comme la tendance à l’isolement, la diminution des sorties, l’aimaigrissement ou la négligence inhabituelle de sa personne et de sa maison. Par la suite, l’aide à domicile peut alerter le médecin traitant ou son service. «Il faut faire des aides à domicile des acteurs de la prévention et ne pas les cantonner à des tâches menagères» a affirmé la ministre.

Le lancement de cet outil s’inscrit dans une démarche plus large de lutte contre l’isolement des seniors dont fait partie MONALISA, lancé le 12 juillet. Par ailleurs, Michèle Delaunay a annoncé qu’elle avait saisi l’Agence d’évaluation des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) ainsi que le Comité de la bientraitance (CNBD) afin qu’ils établissent des recommandations de bonnes pratiques professionnelles pour améliorer la prise en charge de la souffrance psychique de la personne âgée. Un rapport sera remis à la ministre des Personnes âgées le 8 octobre prochain, à l’occasion de la journée européenne de la dépression.

Giulia Gandolfi

Source : legeneraliste.fr