VIH

Un malade du sida sur 10 à haut risque de transmission

Publié le 02/07/2013
Selon le dernier BEH, les malades porteurs du sida vont mieux par rapport à 2003. Mais 10% des malades séropositifs vis-à-vis du VIH et porteurs de charges virales élevées ont des comportements sexuels non protégés. Sur un plan social et économique, la situation des séropositifs reste plus difficile que celle de la population générale.

Près de 10% des personnes vivant avec le VIH (pVVIH) cumulent risque élevé de transmission du virus d’un point de vue biomédical et comportements sexuels à risque selon l'enquête Vespa2 publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Mené sous l'égide de l'ANRS (Agence nationale de recherche sur le sida) entre avril 2011 et janvier 2012, ce travail s’est penché sur la réalité médicale, sociale et économique de 3.022 personnes vivant avec le virus du sida et suivies à l'hôpital.

Dans cet échantillon, 71% des personnes interrogées se déclarent sexuellement actives soit un peu moins qu’en 2003 lors de la première mouture de l’étude Vespa (78%). Grâce aux progrès thérapeutiques et aux traitements précoces, plus de la moitié d’entre eux (58,3%) sont considérés comme à faible risque de transmission du VIH avec une charge virale indétectable depuis au moins 12 mois et aucune autre IST connue. Un peu plus de 40% restent toutefois à haut risque de transmission. Or dans ce sous groupe, les pratiques à risques sont aussi fréquentes qu’en cas de faible risque de transmission, avec près d’un sujet sur cinq (19,8%) rapportant au moins une pénétration non protégée au cours des douze derniers mois. En d’autres termes le niveau de contrôle de la maladie ne préjuge pas forcément des comportements sexuels des patients. "Au total, 8,2% des personnes vivant avec le VIH peuvent donc être considérées comme à risque élevé de transmission à la fois du point de vue biomédical et comportemental" résument les auteurs. "Les analyses seront poursuivies pour mieux comprendre ce qui se joue dans ce sous-groupe à haut risque, et en particulier chez les immigrés d'Afrique subsaharienne qui sont les plus concernés par ce phénomène de cumul des risques (12% versus 9,4% pour les homosexuels masculins et 3,9%".

En France, sur 150.000 porteurs du VIH, de 15.000 à 30.000 personnes ignorent qu'elles sont contaminées, tandis que 6.100 personnes ont appris leur séropositivité en 2011, selon des données de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Une situation financière dégradée

En ce qui concerne les données démographiques et socio-économiques, Vespa2 confirme le vieillissement de la population des malades et l’augmentation de la proportion d’immigrés d’Afrique subsaharienne. L’enquête a également relevé que les Français descendants d’immigrés y sont davantage représentés que dans la population générale, en particulier parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse. L’évolution socio-économique globale au cours du temps révèle une situation financière perçue comme dégradée, résultat de la conjonction d’une amélioration de la santé des malades et de la détérioration du contexte social.

Bénédicte Gatin

Source : legeneraliste.fr