Si « Le Généraliste » était paru en 1910

Un cas de conception survenue dans des circonstances extraordinaires

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Publié le 25/03/2017
Histoire

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Ce cas, rapporté par la « Revue internationale de clinique et de thérapeutique », concerne une femme de 28 ans, mariée depuis cinq années et qui n’avait pas eu d’enfants jusqu’alors. À l’âge de six ans, elle avait été renversée par une voiture. Une des roues l’avait blessée au talon droit, puis, s’engageant entre les deux cuisses, elle s’était arrêtée au moment d’atteindre la partie inférieure du tronc.

Pendant trois mois, la victime de cet accident avait dû garder le lit, en proie à la fièvre, et pendant les quatre premières semaines, elle était restée sans connaissance. Une fois levée, elle récupéra l’usage de ses jambes, comme si de rien n’était. Elle ne se plaignait plus de rien ; elle urinait sans difficulté, seulement le jet se dirigeait littéralement vers la gauche. Elle avait été réglée pour la première fois à l’âge de 14 ans ; elle s’était mariée à l’âge de 23 ans.

Son mari déclara que les rapports conjugaux n’avaient jamais eu lieu normalement du fait de l’absence de vagin chez la femme. Dans ces conditions, les deux époux avaient considéré la survenance d’une grossesse comme une éventualité irréalisable. Or la femme ayant été prise, à l’improviste, de douleurs pareilles à celles de l’accouchement, se décida à se rendre à Dresde dans le service d’accouchement où on reconnut sans peine qu’elle était enceinte et en plein travail. On se rendit compte également de l’absence d’une vulve et d’une entrée vaginale. À la place de la vulve se voyait une grande cicatrice radiée, allant de la symphyse jusqu’au périnée. On ne découvrait pas non plus de méat uréthral. Au niveau du tiers inférieur de la cicatrice et à gauche existait une petite ouverture livrant accès à une bougie uréthrale et par laquelle venait sourdre un liquide rougeâtre, floconneux. Une sonde, introduite dans cette ouverture, pouvait pénétrer jusqu’à une profondeur de 19 centimètres et atteindre l’utérus. Sans doute, la vessie communiquait avec ce canal qui allait en se dilatant de bas en haut.

Pour délivrer cette femme, on dut pratiquer l’opération césarienne. On mit au monde un enfant vivant et bien constitué. La femme s’est rétablie très vite. En somme, chez elle, les spermatozoïdes, pour atteindre la cavité utérine, avaient dû traverser un canal étroit, d’une longueur de 19 centimètres, et faire preuve, ainsi, d’une vitalité extraordinaire.

(« La Gazette médicale de Paris », décembre 1910)


Source : legeneraliste.fr