Santé publique

Trop de pollution sur l’Hexagone... mais moins qu’avant !

Publié le 19/10/2013
Cocorico ! A la veille des "Assises de la qualité de l’air" qui se tiendront la semaine prochaine, le ministère de l’Ecologie révèle des chiffres encourageants sur l’atmosphère que respirent les Français. Mais il n’empêche... Notre pays dépasse encore largement les seuils limites pour l’ozone, les particules fines et le dioxyde d’azote. Et Paris (photo) détient toujours la palme des villes les plus polluées.

Bon point pour la France ! Alors que mercredi et jeudi se réuniront à Paris les "Assises de la qualité de l’air", le ministère de l’Ecologie sort des chiffres qui montrent que la pollution a été significativement réduite depuis une vingtaine d'années. Entre 1990 et 2011, les émissions de dioxyde de soufre ont ainsi diminué de 83%, celles des oxydes d'azote de 47% et les particules (PM10) de 42%. Les particules dites fines (PM2,5), émises notamment par les moteurs diesel, ont suivi la même courbe à la baisse que les PM10. Dans les villes, entre 2000 et 2011, l'indice global de pollution de l'air a diminué de 23 % mais pour les PM10 et les émissions ont tendance à stagner depuis quelques années, selon le ministère.

Ces bons résultats d'ensemble sont évidemment encourageants, alors que l’OMS vient juste de classer la pollution de l’air comme cancérigène. Mais ils ne sont pas suffisants. Ainsi, pour les particules et l'ozone, les seuils d'émission fixés par l'Union européenne sont encore dépassés dans l'Hexagone, ce qui fait d’ailleurs peser sur la France des menaces de sanctions. En ville, l'ozone est le seul polluant à croître quand tous les autres baissent ou stagnent (PM10). Et les concentrations de ce gaz agressif pour les poumons sont encore plus élevées en milieu rural.

PM 10 : Paris la plus polluée

Concernant les PM10, ces petites particules dont le diamètre est inférieur à 10 microns et qui pénètrent profondément dans les poumons, 16 agglomérations de plus de 100.000 habitants ont dépassé la valeur limite européenne en 2012 (elles étaient 24 en 2011). Ce seuil est fixé à 50 microgrammes par m3 d'air en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de 35 jours par an. Les régions les plus touchées par cette pollution sont Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nord-Pas-de-Calais, Ile-de-France et Rhône-Alpes. Selon un classement réalisé par l'OMS, Paris (photo) était en 2008 la ville de France la plus polluée aux PM10 (38 microgrammes par m3 en moyenne annuelle), devant Antibes, Lyon et Nice. Les meilleures élèves étaient Limoges (18 microgrammes par m3), Le Mans, Angers, Saint-Brieuc et Rennes.

Pour le dioxyde d'azote également, en dépit de la légère diminution enregistrée depuis une dizaine d'années, 10% des sites de mesures ont affiché en 2012 des concentrations annuelles supérieures à la valeur limite. Les principales sources de polluants atmosphériques sont les transports, le chauffage, l'industrie et l'agriculture.

L'étude européenne Aphekom avait révélé en mars 2011 que si les seuils recommandés par l'OMS pour l'exposition aux particules fines étaient respectés, un Parisien de plus de 30 ans gagnerait 5,8 mois de vie, un Marseillais 7,5 mois, et un Bordelais 5 mois.

Paul Bretagne (avec AFP)

Source : legeneraliste.fr