Justice

Trois nouveaux cas d’euthanasie sont reprochés à l’urgentiste de Bayonne

Publié le 06/09/2011
Le Dr Nicolas Bonnemaison mis en cause pour avoir pratiqué des injections létales sur des patients en fin de vie a comparu ce mardi devant la cour d’appel de Pau. L’Urgentiste, qui aurait pratiqué d’autres euthanasies cet été, sera fixé la semaine prochaine sur son maintien en liberté.

Crédit photo : ©GARO/PHANIE

On saura la semaine prochaine, le 13 septembre, si Nicolas Bonnemaison reste en liberté. Le médecin urgentiste de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, soupçonné d’euthanasie active sur plusieurs patients, comparaissait ce mardi matin devant la cour d’appel de Pau. L’urgentiste, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, avait été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire mi-août mais le parquet avait fait appel de cette décision.

Jusqu’alors, cette mise en examen pour « empoisonnements sur personnes particulièrement vulnérables » portait sur quatre cas, depuis le mois d’avril. On a appris ce mardi que le parquet de Bayonne avait délivré un réquisitoire supplétif portant sur trois nouveaux cas, qui se seraient produits pendant l’été, ce qui porterait à sept le nombre de cas d’euthanasies reprochés au médecin.

Arrivé à l’audience accompagné de ses avocats et accueilli par une cinquantaine de personnes venues le soutenir, le médecin a affirmé avoir voulu « abréger des souffrances », mais il soutient ne pas être « un militant de l’euthanasie ». Il a néanmoins reconnu « avoir utilisé des médicaments », mais jamais « dans une intention létale ».

Le Conseil de l'Ordre des médecins est apparu divisé sur le sujet. Si, d’une part, celui des Pyrénées-Atlantiques a décidé à la majorité de ne pas porter plainte contre l’urgentiste, son président, le Dr Marc Renoux, n'a pas hésité à exprimer son désaccord regrettant une confusion entre « les qualités humaines, professionnelles et intellectuelles du Dr Bonnemaison (…) et l’élément légal ». De son côté, le Conseil national de l'Ordre (CNOM) compte bien poursuivre l’urgentiste. Il devrait désigner une chambre régionale disciplinaire dès le 14 septembre pour statuer sur le cas du médecin. Le Dr Bonnemaison pourrait donc faire l'objet de sanctions à l'échelon national.

Giulia Gandolfi

Source : legeneraliste.fr