Repères

Trois ans de polémique à rebondissement

Publié le 13/04/2013

Le procès des prothèses mammaires défectueuses PIP qui concerne 30.000 Françaises et plus de 300.000 autres femmes dans le monde, s'ouvre mercredi à Marseille, a priori pour un mois avec plus de 4.000 plaignantes. L’affaire a démarré le 30 mars 2010, lorsque l'Agence des produits de santé (Afssaps, actuelle ANSM) retire du marché les implants de Poly Implant Prothèse (PIP), de La Seyne-sur-Mer (Var), placée en liquidation judiciaire. Elle invoque un taux anormal de ruptures et l'utilisation d'un gel "différent de celui déclaré lors de la mise sur le marché". Les porteuses sont appelées à consulter leur chirurgien. La première plainte sera déposée le mois suivant. La Cnamts porte plainte à son tour à la fin 2011. A la même époque, la France recommande le retrait préventif.

Le feuilleton judiciaire sera émaillé par les déclarations provocatrices du fondateur de PIP. Début 2012, Jean-Claude Mas, admet la tromperie car son gel était "moins cher", mais assure qu'il ne présente "aucun risque pour la santé" et que certaines victimes n'agissent que "pour le fric"... Quelques jours plus tard, le 27 janvier, il est mis en examen avec l’ex-directeur général de PIP pour blessures involontaires. Le 6 mars il est incarcéré à Marseille pour ne pas avoir payé sa caution de 100.000 euros. Il est remis en liberté en octobre 2012.

Si la fraude ne fait pas de doute et la mauvaise qualité des prothèses aussi, le lien entre prothèses PIP et survenance de cancer n'a jamais été établi par les experts, tant en France qu’à l’étranger. Parallèlement à l’instruction de l’affaire, l’explantation des prothèses se poursuit : fin 2012, la moitié des prothèses avaient déjà été retirée.


Source : legeneraliste.fr