Touraine et Gisserot pour une réforme de la pharmacovigilance

Publié le 31/01/2013

« Tout produit actif comporte, par nature, des effets secondaires. Le risque est intrinsèque au médicament » a affirmé jeudi Hervé Gisserot pour ses premiers voeux à la presse. Le nouveau président du Leem a évoqué le « climat de suspicion » qui entoure, selon lui, les médicaments faisant référence à la récente suspension par l’ANSM de Diane 35, sans évoquer explicitement ce produit. Ce n’est donc par hasard qu’Hervé Gisserot a placé son mandat de président du Leem sous le signe d’un « retour à la confiance » au moment où « des événements inhérents à la vie d’un médicament se transforment en crise sanitaire ». « Depuis l’affaire du sang contaminé, la machine politico-médiatique a tendance à s’emballer » a-t-il d’ailleurs déploré.

Revenant sur la polémique actuelle, Hervé Gisserot a insisté sur les progrès à faire en matière de pharmacovigilance : « Les entreprises doivent se mobiliser autour de la pharmacovigilance et de la gestion du risque en signalant les effets secondaires indésirables des médicaments. Pour améliorer la pharmacovigilance, il faut y associer la pharmaco-épidémiologie » a-t-il déclaré. Pour ce faire, le Leem a demandé « l’ouverture et le partage des bases de données publiques en santé ». Au même moment, jeudi matin sur Europe 1, la ministre de la Santé a expliqué elle aussi vouloir réformer le dispositif de surveillance des médicaments : «La situation actuelle n'est pas satisfai sante. Donc je vais réfléchir à la manière dont on peut mettre en place un dispositif de vigilance qui soit plus efficace».

Sur ce point, industriels et pouvoirs publics sont donc en phase. Mais pas sur d’autres... Concernant les prescripteurs, le président du Leem a ainsi formulé le souhait « d’améliorer la formation, à la fois initiale que continue, des médecins aux médicaments ». Mais ce fut aussi pour rappeler que les industriels du médicament acquittent d’une taxe, mise en place par l’ancien ministre de la Santé Xavier Bertrand et à laquelle le Leem était hostile. Visiblement agacé par l’attitude des pouvoirs publics lors des récentes affaires C3G et Diane 35, Hervé Gisserot a aussi appelé l’État et la ministre de la Santé Marisol Touraine à faire de la pédagogie auprès de la population « à froid », en dehors des situations de crise...

Cela n’empêche pas le président du Leem de jouer la carte contractuelle. Certes, Hervé Gisserot ne manque pas de rappeler que « pour la première fois », en 2012, « l’industrie du médicament est « rentrée en récession » avec une diminution du chiffre d’affaires remboursable en ville de 3,3 %. Mais il formule néanmoins deux propositions : s’engager dans la voie d’une « approche pluriannuelle des dépenses du médicament » et « repenser la dispensation des soins en France ».


Source : legeneraliste.fr