Édito

SOS Suicides

Publié le 08/02/2019
Edito

Edito

Près de 10 000 personnes se suicident chaque année en France. C’est trois fois plus que le nombre de morts par accident de la route. La communauté médicale paie tous les ans un lourd tribut. Il y a quelques jours, elle a été endeuillée une nouvelle fois, un chirurgien ayant mis fin à ses jours à l’hôpital de Bobigny où il exerçait.

Dans un nouvel état des lieux publié mardi dernier à l’occasion de la journée nationale pour la prévention du suicide, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) observe que 7,2 % des personnes de 18 à 75 ans, soit trois millions de personnes, ont déjà tenté de se donner la mort. Si les hommes représentent trois quarts des décès par autolyse, les femmes sont plus nombreuses à avoir des pensées suicidaires.

Santé publique France pointe les facteurs de risque : être isolé (célibataire, divorcé, veuf), avoir subi des événements douloureux pendant l’enfance (violence physique ou sexuelle) ou présenter un trouble psychiatrique. Ces tristes chiffres baissent lentement depuis le milieu des années 1980 mais la France ne parvient pas à inverser réellement la tendance. L’un des enjeux est d’assurer un suivi plus poussé des personnes ayant déjà fait une tentative de suicide. Seulement la moitié des personnes ayant déclaré des pensées suicidaires au cours de l’année en avaient parlé à quelqu’un, note le BEH.

Au Royaume-Uni, une campagne de prévention du suicide intitulée “Small talk saves lives” invite quiconque repérant une personne isolée, distante et en danger apparent à s’adresser à elle pour éviter le passage à l’acte. Dans une courte vidéo, un homme se tient près d’une voie ferrée, le regard dans le vide. Il est abordé par une femme qui, s’apercevant qu’il ne va pas bien, engage la conversation en lui parlant du temps.

L’homme est pris en charge par un agent de la compagnie ferroviaire. « Si vous pensez qu’une personne peut avoir besoin d’aide, croyez votre instinct et entamez la conversation, promeut cette campagne. Vous pouvez aider à sauver une vie. » En France, ce genre d’initiative serait la bienvenue.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2860