Si « Le Généraliste » était paru en 1911

Silhouettes de praticiens : le médecin mondain

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Publié le 09/06/2017
histoire

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D’élégante allure, il s’habille bien, sans recherche. Il soigne quelques détails de toilette : bijoux, cravate, etc. Le tout est d’ailleurs discret.

Son home est riche, mais d’un goût averti. Le train de maison est soigné, cossu.

D’un âge que marquent les cheveux grisonnants, il reste recherché des « salons où l’on cause et des maisons où l’on dîne ».

Bien qu’en vedette depuis longtemps, il ne se fatigue pas et même ne semble pas fatiguer.

Ses titres et son renom scientifique sont suffisants pour attirer l’attention d’une réunion mondaine. Dans un salon, son attitude est plutôt réservée et dogmatique avec les hommes, empressée et parfois galante auprès des femmes, mais toujours avec un certain air supérieur d’oracle en face des profanes.

Ayant eu beaucoup de frottement, il a la conversation agréable et « au courant ». Les succès mondains et même ses bonnes fortunes (on cite de grands noms et des étoiles du théâtre) lui donnent un genre particulier dans le monde médical.

Tous les soirs en habit pour un dîner ou une première, il est le lendemain à son hôpital ou à sa clientèle. Et, après une journée très remplie, il est prêt à recommencer sans fin, jusqu’à la vieillesse, jusqu’au ridicule ! Mieux vaut tomber jeune, vers la soixantaine, après un rendez-vous ou un dîner trop copieux !

(Pierre Maurel, Paris médical, 1911)

 


Source : legeneraliste.fr