Si « Le Généraliste » était paru en janvier 1929

Seurat, l’homme-squelette

Par
Alain Létot -
Publié le 31/01/2016
Histoire

Histoire

Claude-Ambroise Seurat naquit à Troyes le 20 avril 1798 et mourut à Savigné-l’Evêque (Sarthe) vers 1840. Après avoir perdu sa trace alors qu’il était âgé de 28 ans, on le voit réapparaître à Venise sept ans plus tard. La « Stamperior Rizzy » lui dédie alors un opuscule de 8 pages intitulé : « Descrizione interesante di Claudio Ambrozio Seurat, detto l’uomo anatomico ossia lo scheletto vivo, da molti professori delle Universita d’Europa » (Venezia, 1833). D’après cette monographie, Seurat aurait commencé à maigrir très jeune. Il y est question, là, de son alimentation excessivement réduite, de sa peau dont l’aspect est normal, de la « santé parfaite dont il jouit » (!), de ses aptitudes à la musique (violon) et de l’impossibilité, depuis l’âge de 16 ans, de se relever tout seul lorsqu’il fait une chute. Il arrivait à Venise, après une tournée par Modène, où il avait été présenté au duc, et par Bologne où il avait été examiné par la Faculté. D’après l’auteur anonyme de la plaquette, « il ne désirait autre chose sinon d’être vu jusqu’à son dernier jour par les Anatomistes et les Physiologistes pour servir à leurs observations, et aussi pour que le public puisse voir une chose qui paraît incroyable ». Suivent ces vers en français :

Avez-vous peur des revenants ?

Belles, voyez l’homme-squelette

Ses bras en forme d’allumettes

Ne sont rien moins qu’entreprenans.

Dans une machine aussi frêle,

Un grand sens trouve à se loger,

Pour montrer qu’à l’âme immortelle

Notre corps est presque étranger.

Nous pouvons ajouter que Seurat eut, en son temps, un rival dans « Leconte, le fameux homme-squelette qui s’exhibait dans les foires » et dont Eugène Sue fit un de ses personnages du roman « Les Mystères de Paris ». Enfin, sur le cadavre de Seurat, Cruveilhier découvrit et précisa la cause anatomique de la paralysie musculaire progressive dans l’altération des racines antérieures des nerfs moteurs.

(D. Giordano [Venise], « La Chronique médicale », janvier 1929)

 

  


Source : legeneraliste.fr