Si « Le Généraliste » était paru en 1925

Se serrer la ceinture pour réprimer la faim

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Publié le 11/04/2017
Histoire

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On sait ce que signifie, en langage vulgaire, cette métaphore, mais ce que l’on ne sait sans doute pas, c’est qu’on trouve ce moyen de réprimer la faim, relaté par un voyageur ayant vécu avec des peuplades sauvages : ce voyageur, c’est Levaillant qui raconte le fait dans le récit d’une expédition qu’il fit en 1782, dans le sud de l’Afrique, et où il avait avec lui une escorte de Hottentots.

Le Hottentot est, d’après lui, gourmand tant qu’il a des provisions en abondance et, alors, il serait capable de manger en un seul jour dix à douze livres de viande ; et, dans d’autres circonstances défavorables, quelques sauterelles, un rayon de miel, souvent du cuir et des sandales (?). quand il n’a plus rien, aux reproches qu’on lui fait de ne rien réserver, il répond : « On chassera » ou « On dormira » (le proverbe « Qui dort dîne » était-il donc connu d’eux à cette époque ?)

Levaillant dit avoir trouvé des hordes entières de sauvages dormant dans leurs kraals. Il les a vus se serrer l’estomac avec des courroies de cuir pour diminuer leur faim et la supporter plus longtemps, en ne prenant que fort peu de chose.

D’après le même voyageur, ils emploient aussi ce moyen de ligature comme remède général à tous les maux. Ils bandent avec force leur tête, ou toute autre partie malade, et peuvent alors faire fuir le mal en le gênant : ils assurent éprouver du soulagement. Recourent-ils encore aujourd’hui à ce remède que nous savons être chez nous populaire, par exemple en cas de céphalalgie ?

 La Chronique médicale », 1925)


Source : legeneraliste.fr