Réseaux mutualistes : Touraine ne calme ni les internes ni le CNPS

Publié le 30/11/2012

Après le feu vert donné jeudi par les députés aux réseaux de soins mutualistes, Marisol Touraine a écrit une nouvelle fois aux syndicats des internes et chefs de clinique et assistants. Dans ce courrier, la ministre de la Santé assure vouloir « exclure explicitement que des réseaux de soins puissent être mis en place avec les médecins, incluant une différenciation de remboursements pour les patients ayant recours à des médecins ayant adhérés aux réseaux.» Visiblement, cela ne semble pas suffisant pour rassurer les jeunes médecins. Dans un communiqué commun signé de l’isnih (internes de spécialité,) de l’Isncca (chefs de cliniques) et de la FNIP (internes en pharmacie), les trois organisations expriment à nouveau vendredi «leur vive inquiétude à la suite du vote à l’Assemblée Nationale de la PPL 296 portant sur les réseaux de soins.» Les jeunes médecins relèvent que la proposition de loi Leroux a été adoptée «sans aucune garantie quant à l’absence de remboursement différencié pour les patients.» Redoutant «une large privatisation de notre système de soins, participant à la création d’une médecine à plusieurs vitesses», les internes et chefs de clinique appelent de nouveau à la mobilisation et rappellent que leur préavis de grève déposé le 12 novembre «n’a toujours pas été levé.»

Sur la proposition de loi Leroux, le compte n’y est pas non plus pour le Centre national des professions de santé (CNPS) qui souligne que «ces réseaux sont destinés à imposer des contraintes financières aux libéraux de santé et conduisent à la disparition de la liberté de choix pour les patients, contraints de choisir leurs professionnels de santé sur les catalogues de leur mutuelle dans l’espoir d’un meilleur remboursement.» Pour le CNPS, le texte adopté par les députés «pose deux problèmes majeurs» : il souligne une «discrimination injustifiée entre les libéraux de santé» ( médecins et non médecins) et déplore «l’absence de négociation au plan national entre complémentaires santé et syndicats des libéraux de santé. Le CNPS demande donc au gouvernement «de modifier ce texte de toute urgence». Réponse peut-être lors du passage du texte au Sénat.


Source : legeneraliste.fr