Comptes de la santé

Record de modération pour les dépenses de santé en 2010

Publié le 15/09/2011
Selon les comptes nationaux de la santé qui ont été présentés jeudi, les dépenses de santé ont progressé très sagement l’an passé. Et pour la première fois depuis 15 ans, le poste médecins de ville est en recul.

Crédit photo : Ingram

Paradoxale année 2010 ! C’est à la fois l’année où l’assurance maladie a atteint un déficit record proche de 12 milliards d’euros, et pourtant, c’est aussi un record de modération pour les dépenses de santé. Les Comptes nationaux de la Santé qui ont été publiés jeudi révêlent en effet que cette année-là, pour la troisième année consécutive, la croissance de la consommation médicale totale a ralenti pour la troisième année consécutive, mais dans des proportions encore plus importantes que lors des exercices précédents: 2,3% de hausse seulement, contre des taux de progression supérieurs à 3% en 2008 et en 2009. Les services du ministère de la santé montrent notamment que les prix du secteur santé sont restés archi sages l’an passé: + 1,3% pour les soins à l’hôpital, + 0,5% en ville, -2,2% pour le médicament.

Cette année-là, les soins hospitaliers n’ont progressé que de 2,6% et les soins de ville de 1,8%: c’est moins qu’en 2009, avec respectivement +3,8% et +2,6% d’évolution pour ces deux masses. L’hôpital pèse désormais pour près de la moitié (46,4%) de la consommation médicale des Français, contre un quart pour les soins de ville (25,1%) et près d’un cinquième (19,7%) pour le médicament.

En volume, 2010 signe surtout le plus faible rythme de croissance pour les soins de ville depuis 10 ans. Et pour la première fois depuis quinze ans, la consommation en honoraires de médecine de ville recule en valeur de 0,7% ! Explication: l’activité des praticiens baisse (-1%) et leurs prix est en quasi croissance zéro (0,3%). En comparaison, le poste de médicament progresse encore, mais très sagement (+1,1%), pendant que les postes auxiliaires médicaux sont calés sur des évolutions supérieures à 5% l’an, en 2010, comme ces dernières années.

Pour le gouvernement, cette évolution modérée est plutôt une bonne nouvelle. Elle montre que la maîtrise médicalisée se conjugue au présent, puisque l’évolution de ces derniers mois semble sur la même lignée. En même temps, elle ne facilite pas la tâche de l’exécutif pour trouver de nouvelles sources d’économies, alors même que Xavier Bertrand doit annoncer la semaine prochaine les grandes lignes du PLFSS 2012.

Paul Bretagne

Source : legeneraliste.fr