Dépendance

Quelle place pour les généralistes dans le prochain plan Alzheimer ?

Publié le 28/06/2013
Même si le bilan brossé par le Pr Joël Ankri sur le troisième plan Alzheimer qui a été remis cette semaine à Marisol Touraine est plutôt positif, des efforts restent à faire. Le gériatre appelle notamment à une meilleure coordination des professionnels de santé et des établissements médico-sociaux.

Tout n’est pas à refaire. Après avoir remis le rapport sur le troisième plan Alzheimer à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, ainsi qu’à ses ministres déléguées, le Pr Joël Ankri a reconnu que ce plan était « ambitieux et bien conçu ». Le gériatre de l’hôpital Sainte Périne (Paris) était en charge, avec le Dr Christine Van Broeckhoven, directrice de l’établissement de génétiques moléculaires à l’université d’Anvers, d’une mission d’évaluation destinée à faire état des avancées réalisées depuis 2008.

Les 47 mesures du plan mis en place par l'ancien président Nicolas Sarkozy ont donc été passées au peigne fin et les experts ont pu constater que les progrès ont été considérables, notamment en terme de diagnostic, de prise en charge et de recherche. Cependant, affirme le Pr Ankri, « l’intégration » des professionnels de santé et leur coordination peuvent être améliorées. Pour ce faire, il faudrait « mieux travailler avec les médecins généralistes », ajoute-t-il. Le Pr Ankri cite, à titre d’exemple, la consultation mémoire (CM) généralement réalisée par les spécialistes « de deuxième ligne », comme les neurologues, afin de réaliser un diagnostic. Or, selon lui, cette consultation devrait être « renforcée » en étant « mieux articulée avec la première ligne », c’est-à-dire les généralistes.

Le gériatre s’est également exprimé sur la nouvelle visite longue, ou V-Alzheimer, qui a été mise en place l’année dernière en affirmant qu’elle « n’a pas été assez prise par les médecins généralistes ». En outre, il faudrait, plus généralement, selon lui, que les professionnels de santé soient incités à se coordonner. Si le diagnostic est souvent fait par les spécialistes, « comment articuler le suivi avec le médecin traitant ? », s’interroge-t-il. Le « travail de concert » avec les structures médico-sociales, est, d’après lui, « essentiel ». Le médecin de famille doit également prendre toute sa place « autour de la table » au sein des maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer (MAIA). D’ailleurs, dans leurs recommandations, les deux experts proposent de renforcer l’aide à domicile « par une meilleure intégration des services et poursuivant le processus des MAIA ». Ils proposent, également, de développer « l’activité de recherche clinique et leurs liens avec la médecine générale, les spécialistes de ville et le dispositif médico-social ».

Giulia Gandolfi

Source : legeneraliste.fr