Vatican

Quel rôle a joué le médecin du pape dans la démission de Benoît XVI ?

Publié le 20/02/2013
La démission de Benoît XVI aurait bien été dictée par l’état de santé du Souverain pontife octogénaire. A en croire les confidences d’un expert des affaires vaticanes, ce sont les conseils de son médecin, le dissuadant d’effectuer des voyages en avion, et notamment celui de l’été prochain pour les Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio, qui auraient été déterminants dans la décision du pape.

Les conseils du médecin du pape, lui enjoignant d’éviter les voyages en avion, seraient à l’origine de la décision de Benoit XVI. C’est en tout cas ce qu’affirme Marco Tosatti, le vaticaniste de la Stampa, sur son blog Vatican Insider. Il y a deux ans déjà le pape «ne réussissait pas à dormir la nuit, mais refusait de prendre des tranquillisants», écrit le journaliste qui explique ainsi pourquoi Benoît XVI «avait souvent l'air fatigué». Son médecin personnel avait alors indiqué que Joseph Ratzinger pouvait continuer son activité à condition «de tenir la tension sous contrôle». «A ce moment-là c'était le problème principal car sa tension était très irrégulière. Le médecin avait dit: "attention surtout aux avions". Il insistait pour que le pape passe le moins de temps possible dans les avions», poursuit Marco Tosatti. «Il semble qu'il ait été dit expressément au pape que le voyage aux Journées mondiales de la jeunesse à Rio de Janeiro (prévues du 23 au 28 juillet 2013, ndlr) était à exclure», ajoute le vaticaniste.

Problèmes de cécité, d’hypertension et d’insommnie

Outre ce problème de tension, l'expert dresse un tableau préoccupant de l’état de santé du pape démissionnaire. Il «ne voit pratiquement plus de l'oeil gauche» et «tombe du lit pendant les voyages, si ce dernier est trop petit», comme ce fut le cas il y a deux ans dans le Val d'Aoste. «Il se fatigue très rapidement, il a une énorme difficulté à se lever le matin, parfois il dort jusqu'à neuf heures d'affilée car il a besoin de repos», écrit M. Tosatti.

«En examinant ces notes, il en ressort une détérioration progressive de sa santé et de son énergie, un cadre général qui justifie pleinement la décision difficile que le pape a prise», conclut Marco Tosatti. Pour justifier ses révélations tardives, il explique : «J'ai relu mes notes de ces dernières années sur la santé du pape, des confidences reçues de ses proches et que j'avais promis de ne pas révéler tant qu'il était à son poste. Sa démission m'a libéré de cet engagement».

Jusqu’alors, l’état de santé du pape faisait plutôt l’objet de supputations, sans que personne n’avance de certitudes à ce propos. Annonçant son renoncement, le 11 février dernier, Benoît XVI n’avait pas expressément liée sa décision à son état de santé, mais à son âge et à «une vigueur qui ces derniers mois, s'est amoindrie en moi d'une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m'a été confié.»

Paul Bretagne

Source : legeneraliste.fr