Si « Le Généraliste » était paru en 1910

Quel bazar que l’homme !

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Publié le 24/03/2017
Histoire

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Comme l’a dit la Bible, l’homme n’est que poussière. Mais qu’est-ce que cette poussière ? Un savant qui l’a analysée déclare dans le « Royal Magazine » qu’elle est constituée des mêmes éléments qui composent l’œuf de poule et que mille œufs, au regard du chimiste, équivalent à très exactement mille hommes de taille moyenne. Il y a en chacun de nous assez d’oxygène, d’hydrogène et d’acide carbonique pour gonfler un ballon qui serait de taille à nous élever dans l’air ou pour illuminer toute une soirée une rue de cinq cents mètres car le plus obscur d’entre nous renferme, sans qu’il s’en doute, plus de dix francs de gaz d’éclairage.

Avec le carbone contenu dans notre corps et réduit en graphite, on fabriquerait 65 grosses, autrement dit 780 douzaines de crayons. Le collaborateur du « Royal Magazine » assure qu’un de ses amis, amputé d’un membre, n’écrit depuis l’opération qu’avec son ancienne jambe. Du fer, dont se colore notre sang, on forgerait sept clous à chevaux. Nous contenons 600 grammes de phosphore, quantité suffisante pour imprégner 820 000 allumettes ou empoisonner 500 hommes et six kilos de matières grasses dont on ferait une soixantaine d’excellentes chandelles.

Enfin, le sel de cuisine, qui nous donne la sagesse, remplirait pour le moins vingt cuillères à café.

Donc, nous sommes poussière et c’est de quoi nous rendre modestes ; mais cette poussière n’est pas si méprisable. Il y a dans le pire ivrogne ou le plus néfaste raseur un dirigeable, des becs Auer, des allumettes, des crayons, des chandelles… L’homme vaut mieux qu’on ne croit.

(« La Gazette médicale de Paris », 1er mars 1910)


Source : legeneraliste.fr