Justice

PSA : le généraliste de l’Aube mis hors de cause

Publié le 25/03/2013
Inquiété par la justice pour ne pas avoir prescrit un dosage PSA à son patient, un médecin généraliste de l’Aube a finalement été mis hors de cause. Très suivi par beaucoup de confrères qui l’avaient soutenu, le Dr Pierre Goubeau se félicite d’une «victoire» sur un combat mené depuis six ans. L’affaire fera sans doute jurisprudence.

C’est une « victoire » dans un procès emblématique et qui fera sans doute jurisprudence. Le tribunal de grande instance de Troyes a finalement décidé de ne pas condamner le Dr Pierre Goubeau, généraliste dans l’Aube, dans l’affaire qui l’opposait à un patient dont il avait diagnostiqué un cancer de la prostate avancé en 2007. Ce dernier lui reprochait de ne pas lui avoir prescrit de dosage de PSA à partir de 2002, date à laquelle le patient avait pris le praticien comme médecin traitant.

« C’est une décision qui n’est pas sans conséquences pour tous mes confrères et la médecine générale », assure le généraliste. Soutenu par beaucoup de médecins, le Dr Goubeau peut enfin classer l’affaire après six années de lutte au cours desquelles « il a fallu montrer le bien fondé de ma démarche ». « Très impliqué dans la mise à jour des connaissances des médecins au travers de la formation continue, je n’ai fait qu’appliquer les recommandations de la HAS », se souvient celuyi qui est aussi maître de stage.

Au-delà, de l’histoire personnelle, ce procès est aussi l’affaire de tous les généralistes de plus en plus confrontés aux problématiques du dépistage du cancer de la prostate. En l’espèce, le suivi des recos a protéger le médecin. C’est avec beaucoup d’empathie pour son patient que le médecin se félicite tout de même du résultat du procès. « Nous avons gagné sur la bonne raison de la pratique médicale et contre les lobbys financiers ».

De son côté, MG France, qui a applaudi la décision du tribunal, appelle désormais les autorités de santé à en tenir compte « pour que les médecins respectueux des codes de bonne pratique ne puissent plus être inquiétés, ni être mis en cause de manière répétée devant les tribunaux». Le syndicat demande également l’ouverture d’un dialogue entre urologues et généralistes afin d’établir un discours «commun et intelligible» pour la population.

Caroline Laires-Tavares

Source : legeneraliste.fr