Édito

Prévention, enfin

Publié le 29/03/2019
Édito

Édito

Elle est longtemps restée un vœu pieux. Par le passé, les ministres de la Santé n’avaient que son nom à la bouche... sans bourse délier. Depuis quelques années, la prévention n’est plus un mot creux, comme l’atteste le bilan présenté cette semaine lors d’un comité interministériel piloté par Edouard Philippe himself. Le nombre de Français ayant définitivement écrasé leur mégot – 1,6 million en un peu plus de deux ans – est stupéfiant. Pour y parvenir, le gouvernement a joué sur deux tableaux, dans la lignée de Marisol Touraine : la forte hausse du tabac (bientôt 10 euros le paquet d’ici à 2020, voilà qui fait réfléchir) et l’accès facilité aux substituts nicotiniques. Tout en menant des opérations spectaculaires (Mois sans tabac) très suivies.

Un an après avoir étendu l’obligation, la France enregistre une meilleure couverture vaccinale. Selon Santé publique France, plus de 98 % des enfants nés entre janvier et mai 2018 ont reçu le vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, Haemophilus influenza B et hépatite B). Cinq points de plus que l’année précédente.
Davantage d’élèves sont chaque année formés aux premiers secours dans le cadre scolaire. Et 50 000 premiers étudiants ont démarré leur service sanitaire pour réaliser des actions de promotion de la santé.

Ces résultats ne sont que le début d’une longue bataille. Les politiques souhaitent dorénavant prendre à bras-le-corps les addictions à l’alcool qui tuent chaque année 40 000 personnes, combattre l’obésité et le surpoids en encourageant la pratique d’un sport et une alimentation plus saine. Le défi est de taille car la France vieillit, elle grossit (un Français sur deux est en surpoids) et il convient d’agir pour réduire l’incidence du diabète ou des maladies cardiovasculaires.

Cela passera bien évidemment par des messages de santé publique, un rôle plus actif du corps médical mais aussi une plus grande responsabilisation de tout un chacun. D’ailleurs, l’intitulé du dernier programme, “J’agis pour ma santé”, n’est pas un hasard : il veille à interpeller les consciences.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2867