Hôpital

Plus de césariennes dans le privé que dans le public

Publié le 29/09/2011
Deux interventions exemplaires, l’appendicectomie et la césarienne programmée, sont sujet à des très fortes disparités de pratiques suivant les départements et les établissements. Tel est le constat qu’a dressé jeudi l’Assurance maladie qui appelle à améliorer la « pertinence des actes ».

Crédit photo : ©SPL/PHANIE

Deux interventions chirurgicales fréquentes, qui représentent chaque année près de 150 000 séjours en établissement de santé, en France, font l’objet d’une nouvelle étude de la CNAM : l’appendicectomie et la césarienne programmée. Publié jeudi 29 septembre, ce rapport met en lumière l’hétérogénéité des pratiques médicales en milieu hospitalier. Pour la première, la CNAM relève que le nombre global d’appendicectomies a considérablement diminué ces dernières années, notamment grâce à un meilleur diagnostic. La baisse concerne surtout deux catégories de population : les jeunes et les femmes. Chez les moins de 20 ans, la baisse constatée a atteint 20 %. Chez les femmes, la diminution de 14 % d’appendicectomies est due aux actes d’imagerie médicale qui ont permis d’écarter les douleurs liées à des infections urinaires ou gynécologiques. Le taux global reste néanmoins élevé et des disparités géographiques persistent : après les DOM, c’est Paris qui enregistre le taux le plus bas d’appendicectomies : environ 15 pour 10 000 habitants. Alors que ce département est « loin d’être sous-médicalisé » souligne le Pr Hubert Allemand, qui a exposé les résultats de l’étude. « Si tous les départements français agissaient comme Paris, on pourrait éviter 15 000 appendicectomies par an » a-t-il déclaré.

Second type d’intervention étudiée par l’Assurance maladie : les césariennes. Comme dans tous les pays européens, leur nombre global est en augmentation : il s’établit à 20 % des naissances (il était de 14 % il y a 20 ans) dont un tiers ont été programmées. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette hausse : l’augmentation de l’âge des femmes enceintes (notamment pour la première grossesse), le surpoids, les traitements contre la stérilité à l’origine de l’augmentation des grossesses multiples. Des raisons non médicales peuvent également intervenir : la demande des patientes en ce sens et l’organisation des soins ont pu interférer sur la pratique médicale. La moyenne nationale de ce type d’intervention quand elle programmée est de 7,4 % mais des disparités importantes existent au niveau géographique : la variation est sensible, entre 2 % et 22 % selon les départements et les établissements. D’autres tendances ont été enregistrées : les césariennes programmées sont plus fréquentes dans les cliniques privées (9,4 %) que dans les hôpitaux publics (6,6 %). La taille des établissements est inversement proportionnelle au nombre d’interventions pratiquées : on programme en fait plus de césariennes dans les petites maternités. Enfin, celles dotées d’une réanimation néonatale et chargées des grossesses à risque, pratiquent, paradoxalement, moins de césariennes que les autres établissements. L’Assurance maladie a saisi la HAS pour pouvoir disposer de recommandations pour plusieurs actes dont l’appendicectomie et la césarienne programmée. La « pertinence des actes » est aussi au programme des contrats pluri-annuels des agences régionales de la santé avec l’État.

Giulia Gandolfi

Source : legeneraliste.fr