Plus de cancers chez les femmes exposées au Distilbène

Publié le 06/10/2011

Les femmes exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène, premier oestrogène de synthèse utilisé dès 1940, souffrent de nombreux problèmes de reproduction et sont soumises à un net accroissement du risque de certains cancers, selon une vaste étude publiée mercredi. Les résultats de cette analyse effectuée entre autres par des chercheurs de l'Institut national américain du cancer (NCI) sur le diéthylstilbestrol ou DES sont publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM) daté du 6 octobre. Selon les auteurs de l'étude portant sur plus de 6.500 femmes (4.600 exposées au Distilbène et 1.900 non exposées) suivies à partir de 1992, les filles des mères traitées avec cette hormone pour éviter certaines complications lors de leur grossesse ont un plus grand risque d'être affectées par douze maladies et autre problèmes médicaux. La probabilité chez ces femmes de souffrir d'infertilité est deux fois plus grande, le risque d'accoucher prématurément est quintuplé et celui de d'avoir un enfant mort-né est multiplié par huit comparativement à celles n'ayant pas été exposées à l'hormone de synthèse dans le ventre de leur mère. Ces femmes courent également un risque 40 fois plus grand de développer une forme de cancer du vagin, l’adénocarcinome à cellules claires. De plus ces femmes exposées au stade foetal au Distilbène ont deux fois plus de chances de développer des cellules pré-cancéreuses dans le col de l'utérus ou du vagin et un risque accru de 80% d'avoir un cancer du sein après 40 ans.

En 1971, l'Agence américaine des médicaments a demandé aux médecins de ne plus prescrire le DES aux femmes enceintes. Mais il est estimé que de cinq à dix millions de femmes et de foetus avaient déjà été exposés à cette hormone synthétique fabriquée sous différents noms de produits. Le DES se présentait aussi sous différentes formes dont des comprimés, des crèmes et des suppositoires vaginaux. En France, le Distilbène a été prescrit entre 1950 et 1977 aux femmes enceintes sous les marques Distilbène ou Stilboestrol-Borne.


Source : legeneraliste.fr