Pilules : les syndicats de généralistes furieux

Publié le 03/01/2013

Les récentes déclarations des responsables sanitaires autour des pilules de 3 è et 4è génération ne passent pas auprès des syndicats de généralistes. La suggestion de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de confier la prescription des pilules de 3e génération à certains spécialistes a notamment fait bondir l’Unof. La branche généralistes de la CSMF «s'indigne de voir, une fois de plus, les structures en charge de la sécurité du médicament laisser penser que les médecins généralistes sont les uniques responsables de la non pertinence de prescription». L'Unof-CSMF «en a plus qu'assez que les agences d'Etat en charge de la santé utilisent en permanence la politique du bouc émissaire, pour cacher leur propre incurie et leur absence de réactivité», s’étrangle le syndicat de Michel Combier. «En voulant réserver la prescription des contraceptifs oraux à certaines spécialités, l’ANSM considère comme acquis le fait que les médecins généralistes sont incapables de suivre les recommandations de bonne pratique», selon le syndicat. Par ailleurs, alors que la ministre de la Santé a annoncé mercredi que les pilules de 3e génération ne seraient plus remboursées à partir du 31 mars, le syndicat «se demande comment des mesures de remboursement ou de déremboursement avancées de trois mois représentent une réponse adaptée à une médication présentée comme potentiellement dangereuse».

Comme souvent, la FMF n’est pas en reste pour critiquer les pouvoirs publics. Le syndicat de Jean-Paul Hamon estime lui que les pouvoirs publics «proposent dans la panique des fausses solutions en désignant à l'opprobe les généralistes alors que ceux-ci sont et de loin les moindres prescripteurs des pilules de 3e et 4e génération». En conclusion, le communiqué de la FMF appelle «les technocrates incompétents du ministère et ses organes satellites» à «trouver une solution conforme à l’état de données médicales connues depuis plus de 20 ans en prenant en compte l’expertise des acteurs de terrain que sont les généralistes et les gynécologues et non en voulant une fois de plus leur imposer des règles de prescriptions qui ne solutionnent rien.»

Enfin, MG France souligne aussi que «les médecins généralistes ont toujours choisi prioritairement les pilules de 2ème génération, bien tolérées et remboursées». Et le syndicat de Claude Leicher d’épingler lui aussi les suggestions du patron de l’Agence du médicament : «Il est pour le moins paradoxal d'envisager la prescription réservée de la pilule de 3ème génération à certains spécialistes : l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) pense-t-elle la confier à ceux qui n'ont tenu aucun compte des avertissements de la HAS depuis 2007, » interroge le syndicat, en faisant allusion aux gynécologues médicaux ?


Source : legeneraliste.fr