Démographie

Pic de mortalité, en France, en 2012

Publié le 15/01/2013
La croissance démographique française a marqué le pas en 2012. En cause : un nombre de décès très important dû, entre autres, à la vague de froid qui a sévi l’hiver dernier. Selon le bilan démographique de l'Insee, qui publie une mise à jour de ses derniers chiffres ce mardi, la population française a augmenté très faiblement pour atteindre environ 65 millions d’habitants au 1er janvier 2013.

Si la population française continue de croître c’est à un rythme très faible. Le plus faible des dix dernières années, selon l’Insee qui publie, ce mardi, son dernier bilan démographique. Au 1er janvier 2013, la population française (hors Mayotte) ne compte en effet que 300 000 personnes de plus qu’auparavant (+0,47 %) pour atteindre 65 586 000 habitants.

En cause, une mortalité plutôt élevée en 2012 et due essentiellement à « une vague de froid exceptionnelle, une épidémie de grippe qui a atteint son pic en février et qui a continué début mars, et d'autres épidémies, respiratoires et de gastro-entérite » écrivent les statisticiens. « En plus de leur effet direct sur la mortalité, ces épidémies ont pu entraîner une vulnérabilité de personnes déjà fragiles et ainsi prolonger la surmortalité sur les mois suivants », souligne l’INSEE.

Hiver meurtrier, mais canicule bien maîtrisée

Au total, au cours de l’année dernière, 571 000 personnes sont décédées en France (hors Mayotte), un chiffre supérieur au record de 2003 (562 000 personnes morts), du fait de la canicule. Peut-être est-ce en partie à cause de cela que l’espérance de vie n’augmente pas l’an passé, mais stagne pour les hommes à 78,4 ans et même diminue de deux mois pour les femmes (84,8 ans). Ces chiffres viennent corroborer l’étude de l’Institut de veille sanitaire (InVs) publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) en septembre dernier. Selon l’InVS, près de 6 000 décès supplémentaires auraient en effet été enregistrés en février-mars durant la vague de froid. Une surmortalité qui a particulièrement touché les personnes âgées. En revanche, les courbes de l’INSEE confirment qu’il n’y a pas eu cette fois de surmortalité liée à la courte canicule de la fin août.

Par ailleurs, selon les derniers chiffres de l’Insee, les naissances ont un peu diminué l'an dernier, un très léger recul qui s'explique par la baisse du nombre de femmes en âge de procréer. La fécondité est restée stable à 2,01 enfants par femme, tandis que l'âge moyen à l'accouchement continue d'augmenter pour atteindre 30,1 ans. Ce phénomène devrait s’accentuer dans les années qui viennent avec le vieillissement des classes nombreuses du baby-boom ce qui devrait mécaniquement augmenter le nombre de décès et ralentir la croissance démographique à l'avenir.

Giulia Gandolfi (avec AFP)

Source : legeneraliste.fr