Édito

Patatras

Publié le 04/10/2019
Edito

Edito

Il devait être résorbé. Il sera finalement un peu plus béant. Le fameux « trou » de la Sécu ne va pas disparaître pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Avec un peu plus de 5 milliards d’euros de déficit cette année et l’an prochain, les comptes sociaux ont replongé dans le rouge pour quelques exercices budgétaires encore. Annoncé initialement en 2019 à grands roulements de tambour, le retour à l’équilibre est reporté a minima en 2023. Il se fait attendre depuis... 2002.

La crise des Gilets Jaunes est passée par là, avec son cortège de mesures sociales. La Sécu paie par ailleurs le renoncement au relèvement du taux de CSG pour les retraités aux revenus inférieurs à 2 000 euros brut et les exonérations de cotisations sociales des heures supplémentaires. Les tensions sur le commerce mondial ont également remis en question les prévisions de croissance trop optimistes. Le financement des nombreuses réformes en cours ou programmées, notamment la refondation des urgences ou le futur plan dépendance ont aussi pesé dans la balance.

Ceux qui espéraient des explications d’Agnès Buzyn et de Gérald Darmanin, ministres de la Santé et des Comptes publics, devront attendre. S’il a maintenu la présentation des résultats lors de la commission des comptes, lundi dernier, le gouvernement a annulé la conférence de presse prévue le même jour, officiellement en raison de la cérémonie d’adieu à Jacques Chirac. Dommage. Cela a opportunément évité aux deux ministres de répondre aux interrogations sur ce dérapage comptable. Contrairement à ce qu’ils prédisaient l’an dernier, le trou de la Sécu n’a pas fait « pschitt ». La dégradation des comptes apparaît plutôt « abracadabrantesque ».

Du fait de ces résultats, le risque est grand de voir le gouvernement poursuivre sa politique d’austérité dans le secteur de la santé. La situation confirme en tout cas une citation prêtée à l’ancien président de la République, qui lui, a connu la Sécu à l’équilibre : « Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. »

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2883