Pas de vote sur l’euthanasie

Publié le 20/11/2009

Le débat sur l’euthanasie a tourné court jeudi à l'Assemblée. Une proposition de loi socialiste visant à légaliser l’euthanasie était à l’ordre du jour du Parlement. Le gouvernement et le groupe UMP ont en effet décidé de reporter le vote du texte. Furieux, les députés socialistes ont en retour donc boycotté la suite de la discussion dans l'après-midi.

Avant l'incident des échanges ont néanmoins eu lieu entre partisans et opposants de la légalisation de la l’euthanasie. Le rapporteur du texte, le socialiste Manuel Valls plaidant pour un véritable "droit général à l'euthanasie" et refusant "l'hypocrisie" car "l'euthanasie est en réalité une pratique courante dans de nombreux centres de soins". "La seule manière d'éviter les dérives est d'admettre enfin la réalité pour mieux l'encadrer", a-t-il dit, car "la généralisation" du recours aux soins palliatifs "ne répondra jamais aux souffrances et aux demandes de tous les malades".

Pour sa part, la ministre de la Santé a répliqué que la loi du 22 avril 2005, dite loi Leonetti, avait constitué "une avancée considérable dans le débat sur la fin de vie", se demandant s'il fallait "franchir un nouveau pas" et si ce pas constituerait, in fine, "un progrès ou la transgression d'une limite".

Le débat a de nouveau révélé que les clivages sur le sujet dépassaient la division droite-gauche. L’UMP Henriette Martinez, militante de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, qui revendique "l'ultime liberté", regrette par exemple "que l'UMP ne se soit pas saisie de ce sujet". Une opinion partagée par Jacques Desallangre (Parti de gauche), pour qui la loi Leonetti "n'est qu'une étape", demeurant "insuffisante". Parmi les détracteurs du texte, beaucoup se sont attachés à promouvoir les soins palliatifs. Ainsi, pour le communiste Michel Vaxès, "l'urgence" est d'obtenir "que l'Etat leur donne les moyens de s'exprimer pleinement et partout". Pour lui, "les dérogations admises risquent toujours d'autoriser la suivante". Colette Le Moal (Nouveau Centre) a également demandé au nom de son groupe "le développement des unités de soins palliatifs", estimant qu'il fallait approfondir le loi actuelle.


Source : legeneraliste.fr