Accès aux soins

Parcours de soins ou "parcours du combattant" pour les handicapés mentaux ?

Publié le 17/05/2013
A quelques jours de son Congrès annuel de Marseille, l’Unapei publie ce vendredi un « livre blanc » alertant sur les difficultés d’accès aux soins des handicapés mentaux. La Fédération préconise une plus forte présence médicale dans les établissements et suggère un forfait spécifique pour mieux prendre en charge ces personnes en ville.

Se soigner serait un véritable « parcours du combattant » pour les handicapés mentaux. C’est le constat fait par l’Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales (Unapei) dans son rapport publié vendredi à quelques jours de son congrès annuel organisé du 23 au 25 mai à Marseille. L’association souligne que les handicapés mentaux qui ont « deux fois et demi plus besoin de soins que la population générale » ont beaucoup plus de difficultés pour y accéder, qu’il s’agisse de soins liés ou non à leur handicap.

Selon la Fédération, plus de la moitié de cette population renonce à des soins pour des raisons économiques ou par manque d’écoute des professionnels de santé. Les difficultés de communication chez certaines personnes gênent le diagnostic et conduisent parfois à des traitements inappropriés porteurs d'effets secondaires indésirables. Les polyhandicapés, qui ont plus de difficultés à exprimer la douleur, peuvent souffrir « des semaines ou des mois avant que leurs douleurs ne soient reconnues et donc traitées », assurent les membres de l’association. « Vous savez, si les handicapés mentaux portent moins de lunettes que la moyenne, ce n’est pas qu’ils voient mieux », ironise la présidente de l’Unapei, Christel Prado.

Un forfait pour soigner les handicapés ?

Face à cette situation « préoccupante », des recommandations pour améliorer les relations entres les secteurs sanitaire et médico-social ont été recueillies dans un livre blanc publié ce vendredi. Il devrait être remis à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en mains propres lors de sa présence au Congrès national de l’Unapei sur le thème de « la santé pour tous », le 25 mai. Le livre blanc regrette que l'enseignement du handicap est « très limité durant le cursus des études médicales » et que les personnels de santé sont souvent peu nombreux dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS). Il propose également de développer le Dossier médical personnel (DMP) pour permettre une meilleure coordination des soins.

La Fédération défend aussi l’idée de créer un forfait de soins pour les handicapés sur le même principe que celui qui va être mis en place pour les personnes âgées au 1er juillet. Ainsi, il permettrait de rémunérer le temps de consultation d’un médecin, qu’il soit généraliste ou spécialiste, recevant une personne handicapée. Parmi les autres actions à engager, la formation de tous les acteurs et l'action en matière de prévention. Sont également conseillés : l’élaboration de protocoles de suivi spécifiques à chaque handicap, et la création de campagnes de prévention compréhensibles par les personnes handicapées.

Caroline Laires-Tavares

Source : legeneraliste.fr