Oubliée par la loi santé, l’hospitalisation à domicile entend rebondir

Publié le 03/12/2014

À l’heure du « virage ambulatoire » promis par Marisol Touraine, l’hospitalisation à domicile (HAD) va-t-elle décoller ? Pas si sûr si l’on s’en tient aux seuls chiffres de ces derniers mois. En ouverture des 18e journées de l’HAD qui se sont tenues mercredi 3 décembre, Élisabeth Hubert, présidente de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (FNEHAD) rapporte que l’HAD n’a progressé que de 3 % cette année. Soit deux points de moins qu’en 2013. Après des taux de croissance à deux chiffres, la progression ralentit et atteint même, en 2014, son plus faible niveau. Un résultat d’autant plus regrettable qu’était publiée, il y a tout juste un an, une circulaire destinée à favoriser le développement de cette offre de soins.

Pas sûr non plus que la loi de Santé, favorise l’HAD. Il n’en est tout simplement pas fait mention dans le texte qui a été présenté en Conseil des Ministres le mois dernier. « Pas une fois nous ne sommes cités, aucune allusion à notre activité », regrette Élisabeth Hubert.

Mais ces ombres ne sont pas de nature à perturber l’optimisme de la présidente de la FNEHAD. Plus modérée dans ses critiques que les autres acteurs de santé, la FNEHAD n’est pourtant pas convaincue par la loi Santé. Dans sa version actuelle, tout du moins. Mais, « comme on dit que le texte doit évoluer lors de la discussion parlementaire », Élisabeth Hubert veut croire que les élus relayeront l’existence de l’HAD. Le « virage ambulatoire » annoncé la rassure également. Car dès lors qu’il y a un virage, affirme-elle, il y a une courbe. À ses yeux, l’HAD fera le lien « entre deux mondes qui se parlent bien peu, la ville et l’hôpital ». Plus encore, elle voit l’HAD comme « la forme d’hospitalisation naturelle du premier recours ».

La FNEHAD table aussi sur l’action en direction des généralistes pour faire décoller l’hosptialisation à domicile. A l’en croire, ceux-ci ont prescrit près du tiers des HAD en 2013. « C’est une proportion qui progresse », souligne Élisabeth Hubert, « les réticences des médecins généralistes par rapport à l’HAD n’existent plus ». Elle distingue deux types de praticiens. Ceux qui découvrent les avantages de l’HAD à l’occasion d’une première prescription demandée par un autre professionnel de santé. Et la nouvelle génération, selon elle favorable à ce système, rompant avec l’exercice isolé. « Il faut conquérir le généraliste et l’associer à l’HAD » pour qu’il soit plus prescripteur, soutient la présidente de la FNEHAD. C’est d’ailleurs au programme des travaux avec les syndicats pour l’année à venir.


Source : legeneraliste.fr