Opération FBI dans le Morbihan

Publié le 25/07/2011

?Aujourd’hui, comme il en est de même chaque début de semaine, les membres du FBI tiennent réunion. FBI ? Prononcez-le plutôt à la française, comme Fédération bretonne interprofessionnelle de santé, une structure qui a été montée il y a environ un an, à l’initiative de l’ancien vice-président du SML pour le collège des généralistes, le Dr Eric Henry. Elle regroupe aujourd’hui une centaine d’adhérents : soignants libéraux, médecins généralistes comme para-médicaux, hospitaliers et intervenants médico-sociaux.

« Stimulant et dynamisant »

Et comme l’avoue sa trésorière, le Dr Laurence Ridou, généraliste installée à Pluneret, commune du littoral morbihannais délimitée par le Loch d’Auray et à l’est par la rivière du Bono, le FBI lui a sinon changé la vie, du moins fait porter un regard neuf sur son exercice. « Ca m’a stimulée et dynamisée. Les échanges en interprofessionnel permettent de gagner en efficacité dans son travail. Et aller défendre les projets de soins de prévention développe également un vrai sens du rapport politique auprès des élus locaux », analyse cette généraliste, installée en solo il y a quinze ans, et qui, «?ô bonheur !?», est parvenu à s’associer en 2008. Cela lui laisse davantage de temps pour peaufiner le concept de prise en charge des patients au niveau des pays bretons. Le bassin de population d’Auray étant le premier terrain d’expérience, et ce, pour trois pathologies?: la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), la prévention des risques?suicidaires et la maladie d’Alzheimer.

« Le choix de la BPCO n’est pas neutre. C’est une pathologie pour?laquelle la rééducation n’est?effective que?dans?les grandes?villes. Ce que nous proposons donc, c’est que les libéraux assurent la rééducation des patients dans nos campagnes. Ils envoient les patients auprès des experts pneumologues hospitaliers ou de ville. Ces derniers établissent le diagnostic de gravité et définissent le programme de rééducation à mettre en œuvre, qui sera ensuite réalisé par les généralistes, les kinésithérapeutes en lien avec les infirmières et les pharmaciens », renchérit le Dr Henry. On l’aura compris, l’idée première étant, ce faisant, de « remettre du lien » entre les différentes professions de santé. Et l’idée séduit. L’Agence régionale de santé, d’une part, qui devrait injecter de l’argent dans le dispositif.?Mais, surtout les praticiens eux-mêmes. « L’accueil a été vraiment très bon, confirme Laurence Ridou.?Comme pour mon cas personnel, beaucoup de confrères et de consœurs?sont très enthousiastes. » D’autant plus que l’opération n’est pas véritablement chronophage. « Ce qui prend le plus de temps, c’est de monter et de présenter l’opération aux acteurs politiques, mais une fois que ça fonctionne, en réalité, le fait de s’appuyer sur les compétences respectives de chacun permet, à l’arrivée, un gain de temps et une réflexion sur l’échange des pratiques ». Du coup, Laurence Ridou, a de nouveau du temps pour faire ses balades au vert, à vélo ou à pied, même si elle n’a pas (encore ?) repris la plongée et le basket.


Source : legeneraliste.fr