OMS: huit jours pour débattre de sa réforme

Publié le 16/05/2011

Une réforme structurelle et financière est "indispensable" pour permettre à l'OMS de faire face à ses nouveaux défis, tels l'augmentation des maladies chroniques mais aussi la baisse des contributions, a estimé lundi sa directrice Margaret Chan en ouverture de la 64ème assemblée générale de l’OMS qui réunit à Genève jusqu'au 24 mai une soixantaine de ministres ainsi que plus de 1.800 délégués représentant les 193 membres de l'organisation.

"Quand l'OMS s'attaquait principalement aux problèmes de germes, d'hygiène, de médicaments, de vaccins ainsi que des secteurs affiliés comme l'approvisionnement en eau et l'assainissement, notre travail était beaucoup plus simple", a-t-elle ajouté. "Mais ce rôle a changé, progressivement et de façon spectaculaire au cours de ces dix dernières années", a-t-elle poursuivi. "Une réforme est indispensable", a insisté la responsable, jugeant vital "d'entreprendre les plus larges réformes dans l'administration, la gestion et les finances" de l'histoire de l'OMS, fondée il y a 63 ans.

C'est la dernière assemblée de Margaret Chan avant une éventuelle reconduction de son mandat en 2012.Faisant le bilan des réussites de ces dernières années en terme de lutte contre la méningite, la tuberculose, le paludisme, la polio ou encore contre la mortalité infantile et maternelle, la responsable de l'OMS a constaté que la santé "avait clairement une voix plus importante" qu'auparavant. "Mais soyons francs", a-t-elle poursuivi, "elle reste toujours mineure quand il s'agit de façonner la manière dont ce monde fonctionne. Cela va devoir changer, en particulier si nous voulons inverser la tendance d'une charge croissante des maladies non transmissibles", a-t-elle exhorté

Dans le projet de financement futur de l'organisation qui sera soumis aux représentants des pays cette semaine, l'OMS explique qu'elle va devoir trouver de nouveaux donateurs: des fondations mais aussi des représentants du secteur privé. Ce qui fait réagir les ONG qui craignent des conflits d'intérêts. La question de la réforme en cours ne devrait pas manquer d'animer les débats houleux et donner un tour particulièrement politique à l'événement.


Source : legeneraliste.fr