Déserts médicaux

Nora Berra vante le contrat de fidélité pour les carabins

Publié le 16/09/2011
La Secrétaire d’Etat se rendait vendredi à Dijon pour dresser le bilan du Contrat d’engagement de service public. Prévu par la réforme Bachelot, ce CESP vise à payer les carabins qui le souhaitent, en échange d’un engagement de quelques années en zones déficitaires. Pour la première année du dispositif, 146 contrats de ce type ont été signés.

Crédit photo : ©VOISIN/PHANIE

Depuis la loi HPST de Roselyne Bachelot les étudiants en médecine ont la possibilité d’obtenir une bourse d’études contre un engaement de services dans certaines zones sousdotées. Nora Berra était à Dijon vendredi 16 septembre pour tirer le bilan des un an de ce contrat d’Engagement de Service Public (CESP). En échange d’une allocation brute mensuelle de 1 200 €, les bénéficiaires s’engagent à exercer leurs fonctions à compter de la fin de leur formation, dans des lieux d’exercice spécifiques, proposés par les Agences Régionales de Santé, «au sein des zones où la continuité des soins fait défaut». La durée de leur engagement est égale au nombre de mois de versement de l’allocation, avec un minimum de 2 ans d’engagement.

Selon la Secrétaire d’Etat, 400 contrats ont ainsi été offerts en 2010-2011, soit 200 pour les étudiants et 200 pour les internes, mais tous n’ont pas été pourvus, loin de là. « Pour une première année, parvenir à 146 contrats signés sur 400, ce n’est pas rien, d’autant qu’il n’y a eu aucune publicité autour de ce nouveau dispositif, » estime toutefois Nora Berra.

Certains régions plus mobilisées

Le bilan du ministère de la Santé montre que certaines régions sont plus mobilisées que d’autres. La Bourgogne où s’est rendue Nora Berra est la plus investie : 93 % des CESP proposés ont été pris par les étudiants. En Auvergne, 64 % des contrats proposés ont été signés, en région Centre 67 %, et 79 % en Picardie. D’autres régions comme Languedoc-Roussillon sont plus en retrait.

400 contrats supplémentaires seront de nouveau offerts à la rentrée 2011. « Nous avons travaillé avec tous les acteurs pour améliorer la visibilité et la lisibilité du dispositif. Il faut lui donner un nouvel élan partout en France. Je suis convaincue qu’une fois que le CESP sera bien connu des étudiants en médecine, nous refuserons du monde ! » affirme Nora Berra. Selon une enquête nationale d’évaluation du ministère de la Santé, les freins à l’entrée dans le dispositif tiennent en effet au manque de visibilité du dispositif, que ce soit sur la liste des postes offerts aux épreuves classantes nationales (ECN) ou concernant les futurs lieux d’exercice d’accueil. A mots couverts, le ministère reconnait que tant les carabins que les UFR de médecine et même les ARS ne connaissent guère le dispositif. Des réunions sont donc prévues en région dès septembre pour le populariser davatange.

Paul Bretagne

Source : legeneraliste.fr