C'est arrivé le 30 novembre 1924

Naissance de Willy Peers, pionnier de l'accouchement sans douleur

Publié le 30/11/2015
éphéméride

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Crédit photo : phanie

Willy Peers fut un pionnier de l’accouchement sans douleur et le grand avocat de la dépénalisation de l'avortement en Belgique. Après s'être engagé dans une équipe d'intervention de la Croix-Rouge durant la Seconde Guerre mondiale, Peers adhéra au Parti communiste belge en 1945. La même année, il s'inscrivit en médecine à l'Université libre de Bruxelles (ULB), où il obtiendra son diplôme son diplôme de médecine en 1953 (chirurgie et accouchement) avant de se spécialiser en gynécologie obstétrique à l'Hôpital Saint-Pierre de Bruxelles.

Dès lors, il sillonna la Belgique pour faire des conférences sur le thème de l'accouchement sans douleur, ce qui lui valut d'être sanctionné en 1955 par l'Ordre des médecins qui jugeait les prises de parole publiques de Peers « dérangeantes ».

En 1959, il fut nommé directeur adjoint du Centre d'obstétrique et de gynécologie de la Province de Namur. En 1964, il rejoignit le groupe d'étude pour une Réforme de la Médecine (GERM).

Cinq semaines en prison

C’est le 16 janvier 1973 que le nom de Willy Peers apparut à la Une de tous les journaux d'outre-Quievrain après avoir été arrêté sur dénonciation anonyme pour avoir procédé à l’avortement d'une jeune femme de 27 ans présentant un handicap mental.

À cette époque, en Belgique, l'avortement était puni d'une peine de 2 à 5 ans d'emprisonnement pour le médecin, mais aussi pour la femme qui s'est fait avorter. Incarcéré pendant 34 jours à la prison de Dinant, le médecin n’avait jamais caché qu’il menait un triple combat : l’introduction de la méthode de l’accouchement sans douleur, la lutte en faveur de la contraception moderne et la modification de la législation sur l'avortement.

La dépénalisation de l’avortement votée en 1990

La campagne nationale pour la libération du docteur Peers allait servir de moteur au mouvement qui déboucha sur la dépénalisation de l'avortement en Belgique. Faisant l’objet d’une première proposition de loi en 1971, la dépénalisation partielle de l’avortement ne fut finalement adoptée par les Chambres qu’en 1990 et fut émaillée par une ultime péripétie, le roi Baudouin se plaçant « dans l’impossibilité de régner » pour ne pas avoir à sanctionner la loi. Après le décès du Dr Peers en 1984, la Cour de Cassation donna raison au docteur Peers, en annulant toutes les décisions prises contre lui du fait qu’aucun débat n’avait été public.


Source : legeneraliste.fr