C’est arrivé le… 20 février 1850

Mort de Charles Knowlton

Publié le 20/02/2015

Crédit photo : GARO/PHANIE

Le premier fait d’armes de ce médecin et pionnier de la libre pensée aux Etats-Unis qui se proclamait comme un « infidèle » fut de déterrer un corps afin de le disséquer alors qu’il était encore étudiant. Les deux mois de prison pour violation de sépulture dont il écopa ne l’empêchèrent pas d’obtenir son doctorat de médecine en 1824.

Après avoir publié en 1829 « Les éléments du matérialisme moderne » où il s’attaquait à la morale chrétienne, Knowlton allait accéder à la notoriété trois ans plus tard avec son ouvrage « Les Fruits de la philosophie. Manuel réservé aux jeunes mariés, par un médecin ».

Paru, dans un premier temps, de manière anonyme, ce pamphlet s’attaquait au contrôle des naissances. Knoltown s’inquiétait en fait de la démographie galopante, prévoyant que la population mondiale serait appelé à tripler trois fois par siècle. Mais là où Malthus ne voyait que des solutions d’abstinence, le médecin du Massachussets trouvait des remèdes plus « conviviaux ».

Publication de « littérature obscène »

Son anonymat mis à mal, Knolwton se fit traîner devant la justice pour publication de littérature obscène par le tribunal de Taunton. Astreint dans un premier temps à 50 dollars d’amende, il se vit, du fait de nouveaux chefs d’accusation, finalement condamné à trois mois de travaux forcés. Son livre ne proposait pourtant à ses lecteurs saisis d’un « instinct reproductif » que les moyens d’éviter la procréation.

Il suggérait ainsi de « se retirer juste avant l’éjaculation », moyen efficace « si on le faisait avec suffisamment de précautions ». Autre moyen suggéré, un petit morceau d’éponge, muni d’un fin ruban, inséré dans le vagin, avant le rapport sexuel. Enfin, méthode plus radicale encore, il proposait « d’utiliser une seringue et d’injecter dans le vagin, immédiatement après le rapport, une solution de sulfate de zinc, d’aluminium, de carbonate de potassium ou de tout sel qui a une action chimique sur la semence ».

Ces condamnations judiciaires n’empêchèrent pas le livre de Knoltown de connaître un franc succès, la bonne nouvelle pour ses lecteurs étant que sexe et procréation pouvaient être séparés.

Après avoir été élargi, Knowlton décida d’adhérer à la Société des libres-penseurs d’Amérique dont le président , Abner Kneeland, fut la dernière personne à avoir été condamnée pour « blasphème ».

« Les Fruits de la philosophie. Manuel réservé aux jeunes mariés, par un médecin » allaient être réédités huit fois dont une fois par souscription, en 1877, par des médecins de l’Harvard Medical School.


Source : legeneraliste.fr