L’opposition fait avorter le débat sur la recherche sur l’embryon

Publié le 29/03/2013

Coup de théâtre jeudi à l’Assemblée Nationale. Alors que la majorité ( gouvernement et députés) semblait au diapason pour voter le texte autorisant la recherche sur les cellules embryonnaires, une manoeuvre habile de l’opposition a empêché de terminer la discussion dans les délais impartis. Les élus de droite, majoritairement hostiles à une modification du régime d’interdiction avec dérogations institué il y a deux ans, ont d’abord réussi à faire commencer la discussion en retard en multipliant les actes de procédures sur le texte précédent. Le débat, prévu la journée de jeudi sur une niche parlementaire du groupe radical de gauche (RDDP) n’a pu finalement commencer qu’à 18H00. Et là encore l’opposition était en embuscade, déposant pas moins de 300 amendements, sur cette proposition de loi qui ne contenait pourtant qu’un article !

Cette stratégie d'obstruction a empêcher la discussion d’aller à son terme, suscitant la fureur des députés radicaux de gauche qui ont quitté l'hémicycle, les élus écologistes leur emboitant le pas. Cet imbroglio procédural a pour conséquence de repousser de plusieurs semaines l'adoption de ce texte, déjà voté au Sénat début décembre et qui aurait dû être voté par les députés le 2 avril. La mesure a beau être une promesse de campagne de François Hollande, il faudra désormais que le texte soit repris par un autre groupe parlementaire, par le gouvernement, ou mis à l'ordre du jour de l'Assemblée lorsqu'elle en a la maîtrise.

La discussion avait pourtant bien commencé pour les partisans de l’autorisation de la recherche sur les embryons surnuméraires. «Qu'est-il préférable (....) : détruire ces embryons, comme c'est leur destin (ils sont au nombre de 150.000 aujourd'hui), dès lors qu'ils ne sont ni réimplantés, ni donnés à d'autres couples stériles ? Ou bien les utiliser pour faire progresser la science ?» avait plaidé Geneviève Fiorasso. La ministre de la recherche, tentant de convaincre les députés en expliquant : «En revenant sur l'interdiction de principe de la loi de 2011, nous adressons un signe de confiance à la communauté scientifique, en termes de liberté académique. Mais nous envoyons aussi un signe d'espoir aux patients, à leurs familles et à la société toute entière, qui sont en droit de bénéficier des progrès d'une science en marche».


Source : legeneraliste.fr