L’imagerie du cerveau, menace pour la liberté individuelle ?

Publié le 07/03/2012

IRM fonctionnelle, TEP... Les nouvelles techniques d'imagerie du cerveau sont prometteuses, mais elles doivent être encadrées pour préserver l'intimité et la liberté des personnes. Dans un rapport rendu public mercredi, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) s’interroge: «Comment maîtriser la tentation de détourner ces avancées de leur vocation scientifique et médicale ?». Devant la presse, le député PS Alain Claeys, co-auteur du rapport avec Jean-Sébastien Vialatte (UMP) a détaillé les principales recommandations de l’Opecst. Car les progrès de la neuro-imagerie dépassent le cadre scientifique et médical, comme a pu le constater l'Opecst lors de ses auditions. L'Office parlementaire s'est en particulier intéressé à la neuro-économie, au neuro-marketing et à l'expertise judiciaire. Il recommande d'interdire l'utilisation de l'IRM pour valider des campagnes publicitaires et de «préciser, voire supprimer» la possibilité de l'utiliser en justice, comme dans le cas d'une femme en Inde, condamnée à perpétuité pour empoisonnement, sur la foi d'images de son cerveau montrant qu'il traitait le mot cyanure de manière familière.... Aux Etats-Unis, ils ont recensé plus de 600 cas d'utilisation de l'imagerie cérébrale en justice, essentiellement pour montrer une altération des facultés mentales de l'accusé. Dans le domaine médical, l'Opecst recommande donc de veiller à la protection des données, lors de leur stockage ou de leur transfert. L'Opecst préconise par ailleurs d'informer le public sur les limites de l'imagerie. Le rapport recommande enfin de donner «rapidement» à l'Agence de la biomédecine les moyens d'assurer les nouvelles missions de veille et de contrôle en matière de neurosciences qui lui ont été confiées par la loi de bioéthique de juillet 2011.


Source : legeneraliste.fr