L’idée d’une "salle de shoot" gare du Nord fait débat

Publié le 05/01/2013

Son implantation n'est pas encore décidée, mais la salle de consommation de drogue qui devrait voir le jour près de la gare du Nord à Paris divise les riverains. Autour de la gare et de l'hôpital Lariboisière, les toxicomanes sont plusieurs centaines, souvent en grande précarité. Rue de Maubeuge, drogués et dealers gravitent autour d'un échangeur de seringues installé près de la sortie du RER. C'est pour ces toxicomanes de rue que le gouvernement veut expérimenter une salle, afin qu'ils consomment leurs produits sous supervision de personnels de santé. Médecins du Monde (MDM) et l'association Gaïa ont mis en place une structure mobile d'aide à l'injection pour les drogués, présenté par Le Généraliste en octobre. Un projet pour lequel la ville de Paris a voté une subvention de 38.000 euros.

Le maire du 10e, Rémi Féraud milite depuis longtemps pour l'implantation d'une salle de consommation à moindre risque (SCMR). A l’inverse, Déborah Pawlik, déléguée adjointe UMP de la 5e circonscription, s’inquiète et dénonce "l'absence de concertation avec les habitants" dans un quartier "où la sécurité est déjà l'objet de nombreux problèmes". Après l'injection, "les toxicomanes se retrouveront sur la voie publique, ils ne seront pas gardés dans la salle jusqu'à ce qu'ils redescendent", craint aussi Mme Pawlik. Jean-Claude Aron, président de l'association de quartier Franz-Liszt s'inquiète quant à lui d'une implantation à proximité d'une école ou du lycée Lamartine. Il souhaite plutôt, "une salle située dans un milieu fermé comme l'enceinte de l'hôpital". "Si ça doit pourrir l'existence des résidents", il promet, tout comme une autre association "Vivre gare du Nord", une "forte mobilisation".


Source : legeneraliste.fr