Si « Le Généraliste » était paru en mars 1908

Les varioleux traités par la lumière rouge

Publié le 15/03/2015

Nous soumettons aujourd’hui les varioleux aux radiations de la lumière rouge pour leur éviter d’être défigurés ou grêlés. Ce traitement est loin d’être récent. Il semble, en fait, que ce traitement était connu dès le début du XIVe siècle, s’il faut en croire Shickland qui a publié, en 1839, une histoire de la reine d’Angleterre, Marguerite de France, devenue l’épouse d’Edouard Ier, en 1299. D’ailleurs, il n’y a qu’à s’en référer à la “Rosa Anglorum “ de Gaddesden, médecin anglais de l’époque qui eut l’heureuse idée de traiter par le rouge le prince Edouard, avec un tel succès que, dans tous les cas analogues, la noblesse anglaise adopta le même traitement.

Gaddesden a-t-il imaginé cette thérapeutique ou en a-t-il trouvé le secret dans quelque vieil ouvrage d’un auteur grec ou arabe, c’est ce qui resterait à chercher.

Au XVIe siècle, nous voyons reparaître le même traitement dans un extrait de la Chambre des comptes de Lille ; à la date de 1509, Charles-Quint, alors âgé de 9 ans, est atteint de variole lors de son passage dans cette dernière ville. On l’enveloppe dans des vêtements rouges et on tend autour de son lit des rideaux de même couleur. Voici, au surplus, le texte du document:

“Chambre des comptes de Lille, recette générale des finances, B 2 210.

“1509 – Compte de Jean Micault, receveur général des finances de Maximilien Empereur et de Charles, Archiduc d’Autriche, pour un an commençant le 1er janvier 1508 – à Gérard de la Roze, marchant de draps de layne demourant à Bruxelles, la somme de soixante-quinze livres pour parties de draps de layne, qu’il a vendues et délivrées Durant le mois de novembre XVe et neuf.

“Et, premièrement, pour dix aulnes, trois quartiers de fine escarlatte rouge pour en faire une couvertoir et deux corssetz pour monsoigneur l’Archiduc pour s’en servir durant sa dernière maladie des verrolles… Item pour six aulnes de fin drap rouge pour tendre alentour de son lit durant sa dicte maladie…”

Plus tard, en 1541, Ambroise Paré recommandait de couvrir les malades atteints de variole ou de rougeole d’étoffes de couleur rouge. Par contre, Nicolas Andry, doyen de l’école de médecine de Paris de 1724 à 1726, n’admettait pas qu’on put éviter la formation des cicatrices chez les varioleux en les maintenant sous l’influence de la lumière rouge.


Source : legeneraliste.fr