Epidémiologie

Les Toulousains toujours malades d’AZF

Publié le 20/09/2011
Les dernières données d’une étude de cohorte menée sur 3000 victimes de la catastrophe de l’usine AZF montrent que l’impact sur leur santé est loin d’être négligeable. Selon un bilan rendu public cette semaine, cinq ans après l’explosion, 42% des hommes et 60% des femmes avaient encore des symptômes dépressifs, et entre 20 et 30% des problèmes auditifs.

Crédit photo : ©SPL/PHANIE

Anxiété, dépression, acouphènes… Cinq ans après l’explosion de l’usine AZF, on note malheureusement un impact durable de cette catastrophe sur la santé mentale et l’audition de la population concernée. Un constat que dresse l’InVS et la CPAM à la veille du 21 septembre 2011, soit exactement dix ans après l’accident, et qui découle des dernières données de la « cohorte santé AZF ». Cette étude a inclus 3006 victimes, tous travailleurs ou sauveteurs de l’agglomération toulousaine, afin de suivre leur devenir professionnel et leur état de santé, sur une durée de 5 ans .

Symptômes dépressifs

Dans le détail, plus de quatre ans après la catastrophe, 42% des hommes et 60 % des femmes de la cohorte présentaient des symptômes dépressifs. 14% d’entre eux consommaient des anxiolytiques et 10% des antidépresseurs. De plus, cette consommation d’antidépresseurs était d’autant plus fréquente que les personnes se trouvaient à proximité du lieu de l’explosion. Ainsi, les hommes qui se trouvaient à moins de 1,7 km du site lors de l’explosion étaient trois fois plus nombreux à en consommer que ceux qui étaient à plus de 5 km... Ce qui confirme le lien entre les deux phénomènes. Pour enfoncer le clou, on sait par ailleurs que beaucoup de toulousains se sont mis à prendre des psychotropes dans les jours qui ont suivi l’explosion, alors qu’ils n’en avaient jamais pris auparavant.

Enfin, la santé auditive n’est pas épargnée : cinq ans après l’explosion, les personnes inclues dans la cohorte sont nombreuses à souffrir d’acouphènes (31% des hommes et 24% des femmes) et d’hyperacousie (26% et 35%).

Des recommandations à l’appui

Les résultats définitifs de cette évaluation seront disponibles en 2012. Mais d’ores et déjà, « l’ensemble de ces premiers résultats permettent de formuler des recommandations», indiquent l’Assurance maladie et l’InVS. D’une part, avec « l’information systématique et le dépistage des déficits auditifs dans la zone proche de l’explosion ». Et d’autre part, avec « le renforcement de la prise en charge psychologique et l’orientation vers des spécialistes en cas de risques psychiatriques de la population concernée par la catastrophe ».

Charlotte Demarti

Source : legeneraliste.fr