Les patients dépressifs moins sensibles aux bonnes odeurs

Publié le 13/11/2012

Les victimes de dépression sévère distinguent moins bien les odeurs agréables. C’est ce que soutient une étude de l'Université François-Rabelais de Tours, qui précise que les troubles olfactifs pourraient annoncer une rechute pour les dépressifs. «Les personnes atteintes de dépression sévère ont des difficultés à expérimenter les plaisirs. Par ailleurs, la zone du cerveau impliquée dans la sensation agréable provoquée par des odeurs présente des dysfonctionnements chez ces personnes», souligne Catherine Belzung, coauteur de ces travaux publiés la semaine dernière par l'Inserm. Pour le démontrer, les chercheurs tourangeaux ont soumis 18 personnes hospitalisées pour un épisode de dépression sévère à des tests olfactifs. Leurs résultats ont été comparés à ceux de 54 volontaires en bonne santé. L'ensemble des participants ont été exposés à huit odeurs différentes, certaines agréables (amandes, vanille) et d'autres non (vomi, fromage rance), ainsi qu'à un mélange d'odeurs. Les patients dépressifs distinguaient moins bien les différents niveaux d'intensité des odeurs, identifiaient moins bien celles qui étaient présentes dans un mélange et étaient peu sensibles aux odeurs censées être agréables. «De façon surprenante, la vanille, la cannelle ou l'amande amère étaient classées comme des odeurs déplaisantes», souligne Catherine Belzung. A l'issue de la consultation, les patients dépressifs ont entamé un traitement antidépresseur d'une durée de six semaines, puis refait les mêmes tests. Bien que le traitement ait été efficace, les perturbations olfactives ont persisté. «Seule une odeur était redevenue plaisante chez la majorité d'entre eux. Il s'agit d'une odeur liée aux souvenirs et à l'enfance: celle du petit pot de colle utilisé en classe qui sentait légèrement l'amande amère», selon l’auteur de l’étude.


Source : legeneraliste.fr