Les paternités tardives, à risque d’autisme pour l’enfant

Publié le 21/08/2012

Les femmes ne sont plus les seules à pâtir des risques de la procréation à un âge avancé. Selon une étude publiée dans la revue scientifique britannique Nature, plus les hommes sont âgés au moment de la procréation, plus le génome qu'ils transmettent à leurs enfants comporte de mutations spontanées, dont certaines pourraient être impliquées dans l’autisme et la schizophrénie.

Pour chaque année supplémentaire du père à la naissance, environ deux mutations supplémentaires sont observées chez l'enfant, selon Kari Stefansson, l'un des auteurs de l'étude réalisée sur le génome complet de 78 enfants atteints de troubles autistiques ou de schizophrénie et sur le caryoptype de leurs deux parents.

Des études épidémiologiques avaient déjà fait état d'un lien statistique entre l'âge du père à la conception et l'augmentation du nombre de cas d'autisme, tandis que d'autres avaient lié ces maladies à certaines mutations génétiques.

Mais l'étude islandaise fait une synthèse de ces résultats : "elle rapproche tous les faits connus jusqu'à présent et les mesure de façon fiable", a indiqué Stanislas Lyonnet, professeur de génétique à l'Université Paris Descartes et chercheur à l'Institut des maladies génétiques Imagine.

Le génome d'un nouveau-né contient en moyenne 60 mutations spontanées, dont 15 "transmises" par la mère et le reste par le père, en fonction de son âge (25 mutations pour un homme de 20 ans et 65 pour un homme de quarante ans), selon l'étude islandaise.

"Nous avons été surpris de découvrir que l'âge du père était extrêmement important", avec 97,1% des nouvelles mutations spontanées dues à l'âge dans un couple attribuables au père, a précisé le Dr Stefansson.


Source : legeneraliste.fr