Les jeunes généralistes plébiscitent Grenoble et fuient Paris et Marseille

Publié le 18/02/2015

Crédit photo : SPL/PHANIE

Paris et Marseille n’attirent pas les jeunes généralistes. Pour la deuxième fois, le magazine What’s up Doc publie un palmarès des CHU les plus choisis par les jeunes médecins lors des ECN. Toutes disciplines confondues, les Hospice civils de Lyon décrochent la première place comme lors du dernier classement. Ils sont en revanche détrôné cette année dans les choix des jeunes généralistes : c’est le CHU de Grenoble qui est le plus choisi, suivi par le CHU de Nantes, celui de Rennes, puis les Hospices civils de Lyon. En bon dernier on retrouve le CHU d’Amiens et le CHU de Limoges, villes déjà plutôt mal classés au niveau national.

D’après une enquête de 2011 de l’ISNAR-IMG, 57% des internes en médecine générale, choisissaient de rester dans la subdivision dans laquelle ils avaient fait leur externat. La continuité dans les études de médecine joue donc son rôle. De plus, le choix d’une ville en fonction de l’environnement de vie qu’elle propose, a certainement un impact au-delà du choix de l’établissement. Mais quelques soient les critères, force est de constater que Paris et Marseille sont particulièrement fuis par les jeunes généralistes. Alors que l'AP-HP se classe plutôt bien dans le classement général toutes disciplines avec une 8ème place, chez les généralistes il perd dix places et se retrouve 18ème, une position qui s’est même aggravée par rapport au dernier classement où l’AP-HP occupait la 15ème place. Même constat pour l’AP-HM qui, avec la 26ème place, est antépénultième du classement, juste avant Limoges et Amiens donc. Au niveau national Marseille se place en 17ème position et si on exclut la spécialité médecine générale, la ville remonte même à la 10ème place. Un désamour pour la cité phocéenne qui ne va pas en s’améliorant puisque par rapport à 2013-2014, l’AP-HM a perdu sept places dans le classement MG.

« Si l’on voulait faire un classement par rapport à la qualité de la formation proposée par les CHU, les deux critères primordiaux seraient, le nombre d’enseignants pour la spécialité par rapport au nombre d’étudiants, et la possibilité de faire un deuxième stage en ambulatoire après le premier stage obligatoire » précise Trystan Bacon, porte-parole de l’ISNAR-IMG. Pour l’AP-HP et l’AP-HM, les raisons du problème viendraient donc peut-être de lacunes dans ces deux domaines. Et si l’on considère que, d’après l’enquête de l’ISNAR-IMG, 80% des internes souhaitent exercer dans la ville où ils ont fait leur internat, cette désaffection pour les deux premières agglomérations de France n’envoie pas des signaux très positifs pour la démographie médicale dans le futur.


Source : legeneraliste.fr